La version française de ‘Miguel Molinos, le dernier hérétique’ de Dirk van Babylon apparaît l’an prochain dans vos librairies

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4 oktober 2021

Bonne nouvelle pour les fans francophones de l’écrivain Dirk van Babylon. Le roman ‘Miguel Molinos, le dernier hérétique’ paraitra probablement au courant de l’année 2022 en français. Pour vous donner un avant-goût, nous avons interviewé le traducteur Thierry Rummens. Il nous raconte pourquoi il trouve le livre tellement exceptionnel, quels passages ont marqué son esprit et aussi pourquoi ce livre mérite une petite place dans votre bibliothèque.

Qui est Thierry Rummens? Un traducteur littéraire?

“Je suis enseignant en néerlandais, anglais et allemand aujourd’hui à la retraite. J’ai toujours enseigné en Wallonie. En effet, le français est ma langue maternelle, et lorsque l’âge de la retraite a sonné, j’ai aussi commencé à traduire. C’est la fille de l’auteur qui m’a contacté pour me proposer de traduire le roman. Elle travaille comme stagiaire dans une librairie ici à Wavre et une des dames qui tient le magasin est une de mes amies.”

De quoi parle le livre?

“L’histoire de ’Miguel Molinos, le dernier hérétique’ démarre avec Louis XIV qui mène une lutte de pouvoir avec le pape Innocent XI. Le roi très chrétien cherche à intimider le souverain pontife pour se venger de certaines positions que le pape avait prises qui faisaient ombrage à sa gloire et son pouvoir absolu en France.

Le souverain va se servir d’un prêtre espagnol, vivant à Rome, écrivain publié et traduit en plusieurs langues, qui fréquentait les salons les plus huppés et s’attirait une clientèle nantie qui cherchait à se confesser chez lui. Louis apprend son existence par le biais de son confesseur, jésuite, qui durant le colloque singulier avec le monarque, évoque le cas d’un adversaire de leur congrégation : c’est l’homme à abattre, puisqu’il cherche à libérer son public de la tutelle exercée par la prêtrise sur les croyants.

C’est le côté mystique de Miguel Molinos qui a soulevé les suspicions. Sa pensée est qualifié de ‘quiétisme’ et c’est ça qui inquiétait : il promettait le repos de l’âme sans efforts ni sacrifices, voire sans sacrements.”

Pourquoi l’auteur voulait-il faire traduire le roman ? Y avait-il une demande dans ce sens ?

“Bien non, car il manquait deux choses afin de susciter une telle demande. Tout d’abord le public francophone n’a aucune connaissance de l’existence de cette œuvre, écrite de l’autre côté de la frontière linguistique, soulignant une fois de plus la condition belge, son ‘mal-être’ ensemble, décrite de manière parfaite il y a 25 ans par Hugo Claus dans son roman ‘Het verdriet van België’ (‘Le Chagrin des Belges’).

Et puis l’affaire Molinos a été complètement effacée et son œuvre étouffée, ses livres placés à l’index. La seule chose qui nous reste – pour ainsi dire – est un lemme dans Wikipédia assez concis. La question pourquoi un livre si puissant est tellement peu connu auprès du grand public, reste une énigme.

Dès l’entame de la lecture du livre (en néerlandais évidemment) j’ai été subjugué par le style, l’élan poétique – n’ayons pas peur des mots – la force descriptive et narrative. L’auteur fait revivre – et ce n’est pas une hyperbole – le personnage principal, le temps d’un roman. Et avec lui une Rome plus vraie que nature, couvrant non seulement ce siècle-là, celui de Molinos donc, mais aussi celui qui précède. Cette œuvre m’a rendu tellement enthousiaste que je pourrais vous réciter des passages entiers par cœur.

A quel public s’adresse la ‘version française’?

“Il y a plusieurs publics cible, il me semble. Pas en termes géographiques, car le rayonnement de ce roman – une fois traduit – ne respectera à mon avis aucune frontière autre que, disons, linguistique. Disons que ce roman devait intéresser le véritable passionné d’histoire, pas ‘l’historien de salon’, mais celui qui veut (re-)vivre des ‘histoires’ à l’état cru. Faut-il rappeler que Dirk Van Babylon s’est rendu lui-même à Rome pour y déchiffrer des écritures de mouche en Italien et même en latin.

J’avoue que j’éprouve une admiration non feinte pour ces ‘travaux d’Hercule’. Je vous laisse juger par vous-mêmes. Sa manière de décrire la réalité et les préjugés est tout simplement magistrale. Sa manière de démonter les préjugés ou parti-pris, et d’observer – sans prendre parti, il faut le souligner – toutes les méthodes pour parvenir à condamner un innocent me laisse sans voix. Pour la seule raison qu’il a choisi de « suivre une autre route qu’eux » *

Un autre ‘groupe cible’, ce sont les croyants, évidemment. Pour eux il est intéressant de voir comment cette institution controversée qu’on appelle l’Inquisition fonctionne. Et soyons assez modeste pour admettre notre propre étroitesse d’esprit, encore aujourd’hui, même si nous pensons avoir fait de gros progrès. Je vous assure que le puritanisme n’a pas encore dit son dernier mot. Loin de là. Et j’insiste, je parle de notre propre culture occidentale moderne, qui se permet – en champion des droits tous azimuts – de donner des leçons de morale à la ronde. A tout le monde. »

Vous avez déjà traduit le roman en partie. Avez-vous éprouvé des difficultés particulières à certains endroits ? Et par ailleurs, il y a-t-il certains passages qui vous ont particulièrement marqué ?

“Sans hésiter, les sonnets que l’auteur a semé à gauche et à droite dans son roman. Et autant l’avouer d’emblée : sans la bienveillance de l’auteur – ou dois-je dire de Pasquino, l’alter ego de Dirk Van Babylon** –  je n’aurais jamais réussi à les ‘rendre’ en français, car des poèmes, ça ne se traduit pas. C’est tout bonnement impossible.

Puis il y a les moult jeux de mots.  Les passages les plus exaltants, mais aussi les plus ardus à traduire furent sans conteste les descriptions (plus que les narrations), telles que celle du cloître Sopra Minerva au début du roman. Les descriptions me prenaient tellement aux tripes que je pouvais littéralement voir, sentir, oui, même la température, la brûlure du soleil méridional sur ma peau… Fallait s’y attendre, voilà que je deviens lyrique.

Inutile de vous avouer du coup que j’ai dû faire de l’acrobatie linguistique afin de rendre ce passage en un français, disons, stylé. Rendre justice au texte original, en néerlandais, a été et est toujours un défi sans commune mesure.”

Quand est-ce que le livre sera disponible sur les rayons des librairies francophones ?

“Ça dépend de l’auteur, bien sûr. Il veut lancer un afin de financer la publication du roman un crowdfunding qui est prévu pour la fin de l’année. Par voie de conséquence, le livre devrait se trouver dans les rayons au printemps de l’année 2022. »

Avez-vous déjà trouvé un éditeur ?

“Nous avons déjà quelques pistes. Nous souhaitons que ce soit un éditeur français. Et nous ne doutons pas un instant que nous finirons par trouver exactement ce que nous cherchons. La raison de notre critère géographique pour faire éditer le roman s’explique par le fait que si l’histoire se déroule à Rome, le nombre de personnages français qui défilent dans l’histoire – celle-ci d’une part, mais aussi l’Histoire avec un h majuscule – est impressionnant. Ce qui me fait sourire – et ma ‘situation’ en tant que flamand francophone, ou de francophone flamand, selon l’optique choisie y apporte encore un grain de sel supplémentaire – c’est que je ne doute pas que le public flamand risque de s’inquiéter et de se demander : « Comment ça, un roman flamand ? Sérieux, on a loupé quelque chose?”

Ceci pour la simple raison que je prévois – mais je peux me tromper – que le livre va faire un véritable buzz, et bien plus en France qu’en Wallonie, et que par ricochet, le roman recevra une ‘seconde chance’ en Flandre.”

Pourquoi irais-je acheter le bouquin ?

“J’ai eu cette chance unique de découvrir Molinos petit à petit, en étant obligé de me pencher sur chaque paragraphe, sur chaque phrase ou strophe, chaque mot, ce qui a particulièrement réduit mon rythme habituellement soutenu de lecture. Une lecture bouclée d’habitude en deux trois jours m’a pris des semaines, car il fallait traduire. Cette œuvre est un véritable travail d’archéologie littéraire, une fouille méticuleuse dans une fine strate d’histoire, c’est évident, mais c’est bien plus que ça. C’est tout d’abord une recherche initiatique, mystique de la vérité. Une vérité, une réalité plutôt qui vous transcende.

Cette réalité est immuable. La découvrir en tant que lecteur dans une Rome au seizième et dix-septième siècle ne change rien dans le fond. Au contraire, cela offre une perspective supplémentaire. Le lecteur devient témoin privilégié, comme s’il y était en chair et en os. Ce roman jette une nouvelle lumière – particulièrement crue – sur cet épisode de l’histoire et sur la manière dont Molinos a été condamné, mais surtout sur les raisons qui ont mené à cette condamnation.”

Si vous voulez de plus amples informations:

Le lecteur averti, qui ne peut attendre la sortie de la version française, et souhaite le découvrir en néerlandais, peut trouver plus d’infos dans :  Bol.com: https://tinyurl.com/jka8n4un

* Brassens: La Mauvaise Réputation

** L’écrivain utilise deux pseudonymes : Dirk Van Babylon en tant qu’auteur, et Pasquino en tant que poète.

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