Le tombeau de Marcel Proust, Père Lachaise, 2012. Le plus grand écrivain entre tous.

L’intérêt des lettres

L’écriture et la lecture occupent le centre de mon existence, après avoir bu et mangé. Dès que j’ai appris à lire, à l’âge de six ans j’ai lu tout ce qui me tombait dans les mains. Je me suis toujours intéressé à la littérature et j’ai toujours cherché à faire comme ceux qui en faisaient, et produire des textes moi-même.  Il est vite apparu que cela était moins facile que je ne croyais.

Il faut les idées, mais aussi l’exécution. J’ai dû apprendre le métier sur le tas, en le faisant. A l’époque je n’avais pas l’idée que cela s’enseigne comme c’est le cas aujourd’hui. Il y a des cours d’écriture créative disponibles un peu partout. On apprend de ses erreurs du moment qu’on les corrige. Une première mouture est toujours entachée de manquements et la solution est de se relire des multiples fois, et chaque fois améliorer.

Demander à quelqu’un qui s’y connait de corriger un texte qu’on a écrit comporte le risque de voir sa fierté blessée par le nombre ahurissant de choses qu’on pourrait améliorer, mais cela vaut assurément la peine. Ecrire bien requiert de réécrire. Polir la matière à la brillance. Pour moi il est important qu’un texte soit clair, limpide et dépourvu d’erreurs, parce qu’elles retiennent l’attention du lecteur, faisant dès lors obstacle à la lecture fluide et le transfert du message ou du récit qu’on veut véhiculer. La gageure est d’accaparer et surtout de garder et de maintenir l’attention du lecteur, visant à donner envie de continuer à lire jusqu’à la conclusion du texte.

Il faut éviter toute accroche qui freine la lecture. Mis à part les erreurs d’orthographe ou de grammaire, il faut se déjouer par exemple des tournures trop recherchées ou des références aux détails dont le lecteur n’a cure. Gardons toujours devant les yeux cet invisible lecteur.  Celui ou celle qui va nous lire. C’est tout le contraire du dicton de Marshall MacLuhan : « Clarity in prose indicates the absence of thought. »

La phrase est formidable, mais au quotidien c’est le contraire dont on a besoin. La réflexion doit se faire avant l’écriture qui en est le reflet. Le plus difficile est de se débarrasser du superflu si on veut obtenir que la communication soit efficace à faire ce qu’on lui demande : transférer le message qui est au cœur du souci qu’on veut soulager ou du problème qu’on veut traiter en écrivant.

Oscar Wilde (1854-1900) mort en exil à Paris. Son tombeau est pourvu d’une protection transparante. Remarquez les bisous sur la vitre.