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Sur la satire (pendant le Comptage national des oiseaux)

Sur la satire (pendant le Comptage national des oiseaux)

Ce à quoi Marforio répondit avec grand empressement :

Où donc se situe la frontière entre sérieux et plaisanterie ?
(je vois que le quadrupède est l’oiseau sédentaire)
admets que j’aime pisser contre les statues
(cela aussi mêle amusement et rancœur).
Dans chaque comique sommeille un monstre de regret
(j’aime peu le rire lorsqu’il manque de drame),
l’arme du crime fut jadis un couteau de table
(fileter, voilà ce à quoi j’aime m’employer).
Mais prends garde au cynisme, ce poison mortel,
ménage ta haine, ne sers pas trop brûlant ;
dissèque et entaille, mais ah, pas trop promptement,
et ne crains pas outre mesure les blessures infligées,
le railleur ne redoute pas les « what if »,
ni dieu, ni zélote, ni prophète.


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