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Méditation et substances psychotropes : le lâcher-prise

Méditation et substances psychotropes : le lâcher-prise

De ses propres ailes

Le professeur de méditation doit savoir capter l’attention de son élève, pour ensuite la relâcher. Cela vaut pour une séance de méditation, mais cette idée peut aussi s’appliquer dans un sens plus large. Il nous arrive parfois d’être amenés à exercer une forme quelconque d’accompagnement spirituel auprès d’autrui.

Nous ne pouvons aider les autres qu’en ouvrant la voie et en essayant de transmettre une partie de notre expérience et de nos connaissances à ceux qui pourraient en avoir besoin. Ce que nous devons éviter, en tant que coach, buddy, enseignant de méditation ou médecin, c’est de chercher à dominer. La tentation sera toujours grande lorsque nous sommes confrontés à des personnes qui sont, d’une manière ou d’une autre, plus vulnérables ou moins développées que nous.

Les enfants, les malades, les personnes âgées et, en ce qui nous concerne plus particulièrement, les patients psychiatriques. Cela place le soignant ou l’accompagnateur dans une relation délicate, fondamentalement inégale en raison du rapport de forces, puisque l’un sait davantage et est davantage capable. Ce que nous cherchons à transmettre, ce sont des connaissances et une méthodologie destinées à améliorer la qualité de vie de celui qui fait appel à notre compétence.

En tant que médecin, je m’efforcerai de ramener la multiplicité de la demande d’aide à quelques choix pratiques : le traitement, mais aussi d’autres aspects. En tant qu’enseignant de méditation, je laisse de côté mon rôle de médecin et j’essaie de conduire l’esprit des participants vers un lieu où ils ne sont encore jamais allés.

Le but ultime et sous-jacent est un état d’« eudémonie ». Il s’agit d’un terme grec aujourd’hui tombé en désuétude. Eu signifie « en bon ordre » et daimôn désigne un esprit. Pour les Grecs de l’Antiquité, ton âme était en ordre lorsque tous les esprits qui habitaient en toi vivaient en harmonie les uns avec les autres.

Une forme d’harmonie intérieure entre tous les sentiments et désirs contradictoires qui s’agitent dans les profondeurs de notre être. Les Grecs parlaient d’esprits ; nous pourrions parler de pulsions. Nous ne pouvons véritablement être utiles aux autres que si nous sommes nous-mêmes heureux. C’est pourquoi nous devons tendre vers un équilibre intérieur, et la méditation peut nous aider à le construire, pierre après pierre.


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