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Addiction : oubli

Addiction : oubli

Le produit peut également être utilisé pour tenter d’oublier un souvenir douloureux, mais c’est une entreprise vouée à l’échec. Nous ne pouvons pas oublier, du moins pas à volonté, car chaque fois que nous essayons d’oublier quelque chose, nous y pensons. La recherche de l’oubli au moyen de substances chimiques est vouée à l’échec, et pourtant on voit des gens qui s’y essaient jusqu’à être à bout de forces.

On pense ici au syndrome de stress post-traumatique, typique notamment des anciens soldats qui ont vécu des situations de guerre et sont souvent ensuite laissés à leur sort. Le désir d’oubli peut bel et bien être le moteur d’une addiction, lorsqu’on tente chaque fois d’échapper à un passé douloureux. Il peut alors réellement être utile d’essayer de mettre cela en mots au cours d’un entretien thérapeutique.

La stratégie est ici proche de celle employée dans la douleur chronique, que l’on peut certes réprimer, mais pas vaincre. Ceux qui recherchent l’oubli sont, par exemple, des personnes qui ont subi une grande perte dont elles ne sont pas parvenues à se remettre, ou des victimes de violences. Parmi les consommateurs de substances, j’entends remarquablement souvent des récits d’abus et de violences, parfois dès le plus jeune âge.

Il y a malheureusement beaucoup de violences au sein des familles dans notre société, qui restent souvent dissimulées. Ici, l’aspect du secret joue un rôle particulièrement important. Les abus surviennent souvent dans une atmosphère de secret où chacun garde les lèvres soigneusement closes. « Tu ne dois le révéler à personne ! » Il n’est pas aussi facile qu’il y paraît de s’en libérer. On constate souvent que le demandeur d’aide porte avec lui un secret qui n’est mis au jour qu’après un long moment, souvent avec un soulagement à la clé.

On ne peut toutefois pas forcer les choses, car si l’on agit trop brutalement, on finira tôt ou tard par perdre la confiance, et alors tout s’arrête et la thérapie se trouve bloquée. Il s’agit de construire progressivement la relation thérapeutique afin de gagner la confiance. « La confiance vient à pied et repart à cheval », dit un vieux proverbe. L’écoute est ici, une fois encore, au centre. Ce sont des personnes pour lesquelles la psychothérapie peut faire des merveilles, contrairement à la catégorie du dopage, où nous essuyons souvent un échec, comme nous l’avons expliqué.


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