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Deux clowns

Deux clowns

Double rondeau

Rondeau I

Le clown blanc aux manches pailletées
Et aux hauts sourcils en point d’interrogation
Ne peut cacher son étonnement,
Car voilà qu’Auguste fait son apparition
Et va bouleverser tout le chapiteau.
Il s’est tamponné le front
Et a rajusté son jabot
Et regarde comme s’il était mort de peur
Le clown blanc.
Le rouge tente de le duper
Ou de se cacher bien en vue
Mais alors tout bien considéré
On voit comment la plaisanterie est construite
Où chaque détail doit être juste
Chez les deux clowns.

Rondeau II

Le clown rouge pend dans les cordes
Ruminant l’averse de coups
On a encore cogné sans retenue
Même s’il a distribué des coups de pied autour de lui
Il ne semble pourtant pas s’en affliger
Et s’est déjà remis debout à grand-peine
Et traîne encore sans faiblir
Ses chaussures aux bouts allongés
Le clown rouge.
Avec des sommets de tension détraqués
Et toujours les mêmes plaisanteries fades
Bonnes pour les enfants et les femmes
Comprendre, grogner, traîner, trimballer
Il ne peut ravaler ses larmes,
Le clown rouge.


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