
Sept stades
Là où tout commence avec l’éveil,
L’aube d’un jour nouveau qui s’est ouvert,
Une chose en entraînant une autre. Pré-union !
Et avant même que vous ne vous en rendiez compte, une nouvelle situation s’est installée,
Jusqu’à ce que tout commence à se brouiller,
Et que surviennent une crise et des difficultés,
Après quoi s’ouvre un temps de séparation,
Le manque réciproque comme fil conducteur et comme balise.
Bientôt, l’un s’abandonnera à l’autre !
Sans réserve aucune, totalement, entièrement et tout entier,
Une lumière nouvelle apparaît pour toujours dans votre vie.
Ainsi l’Autre donne-t-il à l’Un un nouvel éclat.
Dans la réunion décrite depuis l’aube des temps.
Dans l’harmonie du cosmos et une danse mélodieuse.
Sept phases de la réunion
Éveil
Expérimentation
Crise
Fuite
Abandon
Éclat
Harmonie
Source : https://universeleliefde.wordpress.com/stadia-van-tweelingziel-hereniging/.
Les sept phases
Dans la réunion des âmes jumelles
J’ai trouvé cette liste (voir encadré) sur un site Internet. Elle semble s’inspirer de la philosophie de l’Ayurveda, comme j’ai pu le constater sur d’autres sites. Sept phases. Il y a quelque chose là-dedans, et cela pourrait peut-être s’appliquer à toute approche qui conduit à la réunion de deux âmes sœurs.
On retrouve aussi cette idée chez Platon : avant cette vie, il aurait existé un autre état dans lequel une union était présente, union qui fut rompue lorsque nous sommes venus à la vie. L’âme a été créée pour l’être humain. Pour l’occasion, j’ai adapté les titres de la liste et choisi de m’en tenir à un seul mot par titre, de manière à obtenir le scénario suivant : voir encadré.
On peut également y voir une procédure, ou le reflet d’un processus d’interaction qui peut se produire une seule fois ou de manière cyclique. Cela s’applique aussi bien à la rencontre avec l’autre dans une relation amoureuse entre êtres humains qu’à la rencontre avec l’Autre, avec une majuscule, dans l’aventure mystique.
Dans l’amour comme dans la rencontre avec Dieu, il s’agit d’une réunion : dans le premier cas avec l’âme sœur, avec laquelle nous ressentons une relation qui précède les temps ; dans l’autre avec l’Aimé mystique, ou le Fiancé ou la Fiancée promis(e), ou quel que soit le nom que nous souhaitions lui donner. Le Bien-Aimé tel que nous le connaissons dans la littérature mystique.
Cette réunion ne se réalise pas sans heurts. Ce n’est pas un chemin semé de roses. C’est un processus profond qui peut exercer une influence considérable sur ce que nous faisons et transformer notre vie. Sous cette forme, il ne se produit tout au plus que quelques fois au cours d’une existence, mais on peut aussi y voir des fragments de toutes sortes de rencontres et de prises de connaissance que nous faisons, parmi lesquelles il y en aura toujours quelques-unes qui nous amèneront à nous poser des questions.
Nous ne devons pas nous en fermer a priori. La vie est faite d’une succession de rencontres. Beaucoup sont source de déception, mais il arrive qu’une personne nous bouleverse, et il faut rester ouvert à cela, à cet instant où cela se produit.
Commençons donc par l’éveil.
L’éveil
Tout commence lorsqu’entre deux personnes quelque chose qui dormait se réveille. Au début, on ne peut encore lui donner de nom. C’est comme si un désir ancien et profond, longtemps resté caché, se réveillait maintenant et se manifestait. Il peut devenir un sentiment puissant, qui peut nous stupéfier et nous laisser abasourdis. Il nous atteint de plein fouet.
L’éveil s’accompagne d’étonnement. Alors naît le soupçon que quelqu’un que nous avons rencontré pourrait se révéler être l’âme jumelle revenue, autrefois séparée. Quelqu’un auprès de qui l’on a le sentiment de constituer l’autre moitié de quelque chose qui fut jadis une unité et qui, sous l’action de forces mystérieuses, fut séparé dans un passé lointain et brumeux. L’autre moitié, en d’autres termes.
C’est comme si l’on se reconnaissait d’autrefois, ou comme si toutes sortes de pièces d’un puzzle se mettaient soudain en place. Souvent, les circonstances de la rencontre sont particulières, quelque chose de mystérieux flotte dans l’air, et toutes sortes de détails fortuits se répondent pour former un motif. C’est ainsi que se créent les conditions favorables dans lesquelles le cœur peut s’ouvrir au cœur de l’autre, de part et d’autre, dans un processus qui avance de concert sans être pour autant identique.
Les deux âmes devancent la réunion et se fondent parfois déjà quelque peu l’une dans l’autre, sans que l’on s’en aperçoive vraiment. À ce moment-là, chacune des deux âmes jumelles éprouvera un sentiment d’accélération dans sa vie. Si tout va bien, cela ira dans le sens d’une compréhension accrue de soi-même et de l’autre, et vers une compréhension spirituelle plus profonde l’un de l’autre. Cette première phase est un pari sur l’avenir et une préfiguration de l’union véritable qui reste encore à venir.
Les phases suivantes sont déjà présentes en germe, mais leur portée ne se révélera que progressivement, phase après phase. C’est comme la vitrine d’un magasin. Un bon magasin possède une belle vitrine qui donne déjà une idée de ce que l’on peut y trouver, sans pour autant révéler tous ses secrets. C’est ainsi que l’on peut également considérer cette première phase.
Le but de toute interaction humaine sensée est de s’aider mutuellement à libérer les forces intérieures qui nous pousseront, l’un comme l’autre, vers une plus grande hauteur et une plus grande profondeur de conscience, afin de nous éveiller à une réalité nouvelle. Nous devons nous libérer mutuellement, et non nous enchaîner. Il est bon de garder cela à l’esprit pour la suite.
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Expérimentation
La forte attraction que les deux âmes sœurs exercent l’une sur l’autre lorsqu’elles se sont trouvées conduit à essayer et à expérimenter : tâter les limites, vérifier si tout est bien juste. Voir jusqu’où l’on peut aller. À qui avons-nous affaire, au juste ?
La preuve du gâteau, c’est de le manger. Entrer dans l’interaction et voir ce qu’elle produit. On ne peut rien faire de plus. Se chercher mutuellement et voir si quelque chose peut en sortir. C’est la phase de test, qui se déroule souvent avec des à-coups, parfois même de façon orageuse. Bricoler un peu comme ça vient, mais surtout maintenir le contact. Continuer tant que cela reste palpitant.
L’éveil initial et temporaire de l’esprit — qui a eu lieu au cours de la première phase — s’estompe et disparaît à l’arrière-plan. À sa place, l’ego refait son apparition. Chacune des âmes sœurs tente de ramener l’interaction à un niveau maîtrisable, mais chacune le fait à sa manière, sans que la concordance entre les deux aille toujours de soi.
Les jeux de pouvoir entrent souvent aussi en scène. Chacun des deux protagonistes va tester ses moyens de pouvoir. Cela se fait inconsciemment et sans intention, et ce n’est pas nécessairement quelque chose dont il faut toujours avoir honte. Il vaut mieux regarder cela en face : on peut alors mieux y faire face et en faire quelque chose. Il peut ainsi arriver que l’un essaie d’imposer un certain modèle de relation dans lequel l’autre ne se reconnaît pas.
Tant que l’on n’en prend pas conscience, cela peut constituer un obstacle inconscient. L’ego veut une relation telle qu’il l’avait imaginée, mais si l’on persiste dans cette voie, on finit inévitablement par faire l’expérience d’une forme d’amour conditionnel : « Je t’aime comme… » C’est, d’une certaine manière, une entrave. Dans cette phase, toutes sortes d’autres conflits intérieurs peuvent également refaire surface.
Les âmes jumelles se tourmentent et se creusent la tête sur ce qu’elles ont appris, sur ce que leur bien-aimé devrait être et sur ce que devrait être une relation à leurs yeux. Il s’agira de démasquer et de rejeter les présupposés vermoulus, qui ne sont plus applicables, afin de s’ouvrir à la nouveauté et à l’inattendu dont nous n’avions encore aucune idée.
À un certain moment, toutes ces ruminations convergent et nous passons à la phase suivante.
Crise
Les deux âmes jumelles se sentent à la fois inspirées et renversées par la force de l’attraction, mais des sentiments qui s’opposent au rapprochement surgiront également toujours. Celui qui se tient au seuil de l’amour doit aussi laisser beaucoup de choses derrière lui et y renoncer. C’est un choix qu’il faut faire et qui ne restera pas sans conséquences pour la suite de la vie.
Il est donc normal que le doute s’installe. L’un des deux, ou les deux, trouvera l’occasion d’exprimer sa méfiance ou ses soupçons, ou d’adopter une attitude critique. Lorsqu’il apparaît que la relation pourrait aller plus loin et qu’il pourrait véritablement s’agir de la réunion de deux âmes sœurs, les conséquences apparaissent rapidement.
Il y aura toujours une crise qui rendra le choix plus tranché. Alors, c’est tout ou rien, et on ne peut y échapper, quoi que l’on entreprenne pour éviter de regarder cela en face. Une dispute ou un désaccord surgit d’une manière ou d’une autre, et il faut alors observer comment les deux parties vont réagir et si elles trouvent des moyens de résoudre leur différend.
L’issue n’est pas déterminée à l’avance, mais lorsqu’on en sort, c’est précisément la crise qui offre l’occasion de mettre de côté toutes sortes de présupposés égoïstes. Il faut le faire aussi si l’on ne veut pas perdre l’être aimé. Il faut en quelque sorte se reconstruire soi-même, en partie. Ce n’est pas un processus indolore et il s’accompagne d’agitation et de peur.
Cette peur peut se mettre à vivre de sa propre vie et déclencher des réflexes profondément enfouis, qui peuvent se manifester sous forme de schémas émotionnels dysfonctionnels et de comportements inadéquats. Il faut simplement observer ces réflexes et essayer d’en acquérir une compréhension. La peur est alimentée par l’incertitude et, tant que l’âme est ballottée d’un extrême à l’autre, la peur reste dominante.
Malgré cette frayeur, les âmes jumelles continueront pourtant à se rechercher et à clarifier leurs désaccords. Dans les termes hippocratiques, la crise débouche sur la lysis : la résolution. L’âme est épuisée par le combat et semble se désagréger. Il survient un moment passager d’impuissance.
Si tout se passe bien, on en sort plus fort, plus mûr et plus adulte. Si la relation s’est révélée capable de résister aux circonstances de la crise, les choses auront été aplanies et les deux pourront prendre leur place au sein d’une alliance solide.
Fuite
Au sein de l’unité de la flamme jumelle qui brûle ensemble, l’union divine des consciences est inscrite à l’avance. Maintenant, il est encore possible de partir, mais si l’on continue, on a l’impression qu’une porte se referme derrière soi. Plus on avance, plus il devient difficile de faire marche arrière. Pour vous, une autre porte s’ouvre à chaque fois.
Il arrive pourtant un moment où l’un des deux finit par prendre la fuite, pour découvrir plus tard que prendre ses distances n’apporte aucune solution à l’immense désir de l’âme sœur séparée. Tout être humain a naturellement peur de la destruction de son système de croyances. Le monde que nous avions construit se retrouve soudain ébranlé par l’intervention de cet autre si particulier. Dans le manque qui accompagne la fuite, aussi bien chez celui qui a le sentiment d’être resté que chez celui qui s’enfuit, cela se manifeste.
Le corps de douleur prend le dessus. Des schémas tels que la provocation, la résistance, la manipulation, la colère, la punition et le jugement refont surface. L’une des âmes jumelles, ou les deux, se retrouve submergée émotionnellement et mentalement par une douleur profonde de l’âme. Cette douleur est ressentie comme un rejet ou un abandon au niveau de l’âme. C’est la nuit obscure du rejet.
Cette douleur insupportable peut, par exemple, conduire l’une des deux âmes sœurs à se retirer physiquement et à saboter toute tentative de communication par peur, non pas tant de l’autre que de la violence de ses propres sentiments, tandis que l’autre âme entreprend toutes sortes de tentatives vaines pour rétablir l’harmonie originelle, qui existait déjà avant le commencement des temps et qui s’est ensuite perdue.
Ce qu’il faut garder à l’esprit, dans la phase de fuite, c’est que cette fois il s’agit de trouver la juste distance. Être suffisamment proches pour pouvoir profiter de la présence l’un de l’autre, mais avec suffisamment de distance pour que chacun puisse aussi suivre son propre chemin sur cette planète complexe. Fuir est une manière d’instaurer davantage de distance entre les deux pôles.
Celui qui fuit obtient l’espace et la liberté d’évoluer à son propre rythme, tandis que le jumeau qui s’abandonne déjà garde dans son cœur une place pour l’être aimé pendant que celui qui fuit explore pleinement la vie à la recherche de l’illumination. Cela peut être une période consacrée à canaliser un amour inconditionnel vers l’art, la musique, l’écriture, l’apprentissage, un service actif ou toute autre manière créative de s’exprimer.
Abandon
Dans toute relation amoureuse se trouve inscrite une grande part de manque. L’amour constitue un baume sur l’insuffisance humaine, mais il ne la supprime pas. Il faut parvenir à composer avec cela pour pouvoir avancer sur le chemin de la guérison et de l’épanouissement personnel.
Lorsqu’il apparaît qu’en dehors de la réunion il n’existe aucun salut, vient le moment de s’y abandonner. Tout le monde n’est pas capable d’abandon. Certains doivent l’apprendre au prix de grands efforts. C’est une chose dans laquelle on peut progresser avec les années.
L’abandon exige qu’une âme se déverse dans l’autre, qui, de son côté, se déverse dans la vôtre. Lorsque l’amour frappe véritablement, il ne reste plus aucune réserve. Toute retenue disparaît sous le regard profond qui alors s’installe, même s’il peut donner quelque peu le vertige. Dès lors, vous ne pouvez plus rien diriger.
La direction et l’issue de l’interaction ne peuvent être déterminées à l’avance. L’abandon n’est pas seulement le fait de s’abandonner l’un à l’autre, mais aussi de s’en remettre ensemble à un processus bienfaisant qu’aucun des deux ne peut maîtriser. Pour ceux qui croient parmi nous, l’interaction s’épanouit sous le souffle de l’Esprit Saint, dans la confiance que l’union est placée sous la protection divine.
Un destin commun se dessine, qui continuera à se développer. Ce qui est le meilleur pour les deux adviendra. Une dimension sexuelle peut également y trouver sa place. La sexualité ne constitue ni un obstacle ni une obligation pour trouver ensemble l’illumination. Tout contact intime, sexuel ou non, surviendra lorsque le moment sera venu et, autrement dit, lorsque tous deux seront prêts.
L’amour véritable ne connaît ni usage du pouvoir ni contrainte. L’abandon se fait librement. Toute pression illégitime conduira à l’effet inverse et rendra l’abandon impossible. Dans cette phase, les deux âmes sœurs doivent laisser aller leurs petites égoïsmes, tout en acceptant les aspects moins reluisants de l’autre.
Il est bon de garder à l’esprit qu’une main invisible semble guider la barque de l’amour dans la bonne direction, même si ce n’est pas toujours celle que nous avions en tête. L’amour porte en lui sa propre justification, tant que l’on se soucie sincèrement du bien-être et du bonheur de l’autre.
Éclat
Le rapprochement des deux âmes sœurs atteint un sommet qui se révélera inoubliable. Elles se sont à ce point familiarisées et rapprochées l’une de l’autre que plus rien ne fait obstacle à leur réunion, sur la base d’une union qui peut s’accomplir par tous les moyens imaginables, jusqu’à provoquer un vertige dans lequel une âme se fond et se dissout dans l’autre.
Cette forme extatique de la réunion ne peut toutefois durer et reste limitée dans le temps. L’ego, ou le petit moi, s’éteint : le cerveau reptilien qui commande et explique une grande part de nos comportements, nous met en compétition avec les autres et recherche sans cesse son propre avantage. L’amour nous donne la possibilité de dépasser cette limitation et d’apprendre à utiliser les deux hémisphères de notre véritable cerveau humain.
On dirait que l’énergie d’une force toute-puissante prend possession du corps. Cela conduit à un éveil spirituel complet et à l’éclosion de la semence divine que nous portons en nous. Nous sommes alors, pour ainsi dire, illuminés de l’intérieur et pouvons à notre tour rayonner cette lumière reçue vers l’extérieur, au bénéfice des autres.
C’est la phase où rayonne l’amour divin, et nous sommes alors à un tout autre niveau que dans la recherche d’un amour romantique fondé sur l’érotisme, qui a peut-être joué un rôle dans les premières phases. Le véritable amour va bien au-delà. Sur les plans émotionnel, mental et spirituel, l’âme, lorsqu’elle s’abandonne, atteint un niveau de maturité pleinement épanouie.
L’objectif durant la phase de l’éclat est de favoriser cette effusion de l’amour divin vers l’extérieur, par notre présence corporelle parmi les autres, dans notre travail et dans notre vie privée. L’amour, lorsqu’il est véritable, fait de nous de meilleures personnes, au sens où nous sommes davantage préoccupés par les autres et soucieux du bien-être de nos semblables.
C’est la capacité d’aimer qui rend l’être humain pleinement humain et qui constitue le fondement d’un ordre juste de la société, si tant est qu’une telle chose existe. Face à la cruauté cynique de la réalité quotidienne, nous ne pouvons opposer que le soin et la sollicitude les uns envers les autres.
Harmonie
C’est comme si l’énergie de l’amour se régénérait continuellement d’elle-même, lorsque le don de l’un devient un cadeau pour l’autre, dans une interaction permanente où nous nous faisons mutuellement avancer. L’harmonie peut durer très longtemps et rien ne saurait mesurer les réserves inépuisables de force spirituelle qui en émanent.
Lorsque les six premières phases ont été franchies, un état d’équilibre et de sérénité apparaît, mais il ne se met pas en place tout seul, car il faut y travailler. Aimer est un verbe qui se situe entre le sujet et le complément d’objet direct. Le sujet est une personne. Le complément d’objet direct est une chose.
L’amour est pourtant un verbe réciproque. C’est quelque chose que nous faisons ensemble et l’un envers l’autre. L’autre n’est plus un objet, mais est devenu un sujet. Les deux vies sont entrées en harmonie, c’est-à-dire en accord l’une avec l’autre, mais aussi à l’unisson avec le cosmos.
Cela implique une concordance entre l’âme intérieure et le monde extérieur. Si deux âmes parviennent à entreprendre ensemble une œuvre dans laquelle chacune garde à cœur le salut de l’autre, cela fait naître de l’espoir dans la société qui les entoure. Il s’agit de deux sujets, au sens d’individus humains dotés d’une volonté libre, qui se rencontrent et accomplissent ensemble quelque chose qui dépasse l’égoïsme.
Les jumeaux se sont « éveillés » dans l’étreinte l’un de l’autre. Leur fusion, dans le respect des limites humaines, leur permet d’exploiter des sources insoupçonnées de renouvellement spirituel et de mettre en commun leur potentiel, de sorte que celui-ci ne se contente pas de s’additionner, mais se multiplie également.
Les deux parties avancent de concert dans le processus énergétique de l’amour inconditionnel, et cela de telle manière que d’autres en sont eux aussi favorablement influencés, dans l’ouverture de leur cœur aux autres. Lorsque deux âmes se sont trouvées, elles peuvent devenir une source d’inspiration et un point de repère pour ceux qui sont encore en quête.
Cette dernière phase de l’harmonie constitue l’accomplissement de ce qui était à l’origine : l’âme jumelle autrefois unie, puis séparée, et maintenant réunie.
Conclusion
Nous devons laisser notre moi derrière nous pour pouvoir devenir nous-mêmes. Ce petit ego qui nous pousse à travers le monde aux dépens des autres, ce cerveau de prédateur toujours à la recherche de satisfaction et de satiété, sans jamais parvenir à la satisfaction véritable. C’est cela que nous devons laisser derrière nous pour devenir quelqu’un capable de se donner sans rien perdre de soi-même.
Il y a toujours un moment de confusion lorsque l’on doit abandonner les anciennes stratégies avant même d’être vraiment familiarisé avec les nouvelles. À cet instant, un acte de volonté inspiré par l’amour est nécessaire pour consentir au sacrifice de l’égoïsme. Si nous avons trouvé une âme jumelle, c’est une excellente occasion d’accomplir cette métamorphose essentielle.
Il y a aussi des personnes qui ne trouvent jamais d’âme sœur et doivent s’en passer. Elles peuvent cependant elles aussi parvenir à l’abandon et laisser aller leur petit ego, même si, seul, le chemin est toujours un peu plus difficile. On peut trouver une matière première semblable de l’amour dans les relations d’amitié ou les liens familiaux.
Pour y parvenir plus facilement, il est recommandé de méditer régulièrement et de laisser ainsi mûrir l’esprit, en lui apportant une nourriture appropriée. La nourriture spirituelle se trouve dans la littérature, dans l’art et dans les médias, mais il faut rester vigilant, car certaines sources ne sont pas dignes de confiance. Nous devons continuer à lire cette littérature avec esprit critique et toujours la soumettre à l’épreuve de la lumière.
C’est la seule manière dont nous disposons pour lever les doutes. Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu es. Nous ne réalisons pas toujours spontanément à quel point nos conceptions sont façonnées par la littérature, même lorsque nous ne lisons pas nous-mêmes. Aujourd’hui, une grande partie de notre manière de parler est déterminée par les moyens linguistiques que nous puisons dans les médias. Ces médias produisent une littérature accompagnée d’images. On pourrait parler à ce propos de littérature visuelle. Quoi qu’il en soit, disposer à tout moment de la journée d’un corpus de connaissances consultable, qui nous aide à trouver notre chemin, est une chose précieuse, pour peu que nous sachions comment chercher.
L’offre est si abondante que nous pouvons parfois perdre le nord et nous laisser emporter par des choses qui, à y regarder de plus près, ne sont pas aussi irréprochables qu’elles en ont l’air. C’est pourquoi je continue à suivre une sorte de fil directeur, fondé, disons, sur la littérature allant de Jésus à Mahomet, de Voltaire à Darwin. Ajoutez-y une bonne tranche d’histoire du XXe siècle et une série de titres consacrés à la mystique à travers les siècles, dans différentes cultures. D’une manière ou d’une autre, cela forme une boussole.
Post-scriptum : Isis et Osiris
La réunion du corps
À la suite de notre récit sur Antinoüs, parfois représenté sous les traits d’Osiris, Gino Asselman rappelle le mythe de cette divinité égyptienne antique. Jadis, dans un passé lointain, il était un roi bien-aimé, lâchement assassiné. Son corps est dispersé en quatorze morceaux dans le Nil, sur ordre de son frère et beau-frère Seth, qui commet ainsi un coup d’État et s’empare lui-même du trône.
La sœur et épouse éplorée d’Osiris, la gracieuse Isis, recherche méticuleusement tous les morceaux de ce corps afin de le reconstituer pièce par pièce. Selon la version de Gino, elle aurait tout retrouvé, sauf le pénis. Mais c’était une femme qui ne reculait devant rien pour parvenir à ses fins.
Elle fabriqua un godemiché et le plaça sur le cadavre reconstitué, qu’elle parvint, par ses pouvoirs magiques, à ramener encore un instant à la vie. Elle prit ensuite elle-même la forme d’un faucon et s’accoupla ainsi, grâce à quelques prouesses d’art et de voltige, avec le défunt, tout cela dans le but explicite d’assurer une descendance.
C’est ainsi que naquit Horus, qui occupe lui aussi par la suite une place importante dans le panthéon égyptien. « Tu trouves ça étonnant ? » demande Gino, que le fils ait une tête d’oiseau après un tel procédé ? Il est en effet invariablement représenté avec une tête de faucon. Dans le mythe originel, Horus reviendra, vaincra et punira Seth, puis reprendra le pouvoir.
Il s’agissait d’un mythe fondateur de l’Égypte ancienne, bien avant notre ère, à une époque où le christianisme n’existait pas encore. Horus devint le dieu des rois, du ciel et du soleil. On retrouve ainsi dans ce récit un moment où le bébé Horus est placé par sa mère dans un panier qu’elle laisse dériver sur le Nil, dans l’espoir que de bonnes personnes prendront soin de l’enfant.
Cela fait immédiatement penser au mythe de Moïse dans l’Ancien Testament, où l’on retrouve également un bébé découvert dans un panier sur le Nil. On peut supposer qu’il existe bien d’autres influences de l’Égypte ancienne dans les Saintes Écritures que nous connaissons aujourd’hui. Jusqu’à la naissance d’un Sauveur. La fécondité féminine triomphe de la mort.
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