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Carnaval à Alost : carnaval antisémite

Carnaval à Alost : carnaval antisémite

Je suis stupéfait, abasourdi et consterné par la manière dont Alost traite les caricatures blessantes dans lesquelles les Juifs sont pris pour cible d’une manière qui rappelle directement, sur le plan visuel, leur déshumanisation qui a précédé l’Holocauste. Bien que je ne sois moi-même en aucune manière impliqué, je voudrais néanmoins exprimer ma tristesse aux victimes et à leurs descendants. Nous espérions que les temps de la persécution ne reviendraient plus, mais à Alost, il en a été décidé autrement.

Cela me désole profondément. Je n’habite pas à Alost, mais dans un village voisin. J’ai fréquenté l’école à Alost pendant des années. Il m’arrive d’y faire mes courses au Delhaize mondialement connu. Je veux dire par là que je suis bel et bien concerné. Tout a commencé l’année dernière avec un char sur lequel des Juifs étaient représentés comme de la vermine à exterminer, et cette année, on attendait de voir ce qu’ils allaient faire.

Maintenant, soyons honnêtes : ce n’était peut-être pas aussi grossier que l’année dernière, mais le phénomène s’est désormais étendu à plusieurs groupes. On ne décèle aucune forme de repentir, de compréhension ou d’empathie à l’égard de la Shoah. À travers les discussions, en laissant de côté les propos orduriers, nous apprenons que nous ne comprenons pas le carnaval d’Alost, que ce n’était pas ce qu’ils voulaient dire, que nous sommes stupides, que nous voulons leur retirer leur carnaval, etc.

Avec tout le respect que je leur dois, ce n’est que du gémissement. Je veux dire : il n’y a pas d’arguments intellectuels, si ce n’est le droit à la liberté d’expression, et certes, celui-ci doit être pris très au sérieux. Je ne suis pas partisan de la censure et je défends avec acharnement le droit d’avoir sa propre opinion, mais cela ne signifie pas qu’on puisse pousser ce droit à l’infini et sans aucune limite. Il existe une exception à la liberté d’expression, et celle-ci est assez largement admise chez nous et dans les pays voisins.

Il y a deux choses qui ne sont pas permises et qui sont par conséquent interdites : l’incitation à la haine en général, et tout particulièrement la négation de l’Holocauste. La Cour européenne des droits de l’homme reconnaît la négation — le fait de nier sciemment — de l’Holocauste, en raison de son lien indissociable avec une entreprise antisémite, comme une forme d’abus de droit au sens de l’article 17 de la Convention européenne des droits de l’homme.


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