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À bas Saint-Nicolas et Zwarte Piet : représentation

À bas Saint-Nicolas et Zwarte Piet : représentation

En 1542, le concile de Trente se réunit et se révéla déterminant dans le redressement de l’Église catholique vermoulue et pourrie de l’époque. On y décida alors d’afficher une image triomphante de l’Église victorieuse, avec beaucoup d’apparat extérieur, de peintures et de sculptures, et des évêques en grande tenue.

Au XVIe siècle, la traite des esclaves en provenance d’Afrique et d’Amérique connut également son essor, et les Provinces-Unies de l’époque ne furent pas en reste. Chez nous aussi, une mode apparut parmi les familles riches qui prenaient un esclave noir à leur service pour faire impression. Ce n’est pas un souvenir agréable pour beaucoup de gens que je connais. Ce n’est pas matière à rire et ce n’est pas quelque chose dont on puisse être fier.

Tout cela était alors possible, et cela ne l’est plus aujourd’hui. C’est ce qu’on appelle le progrès. L’esclavage a été aboli, mais il constitue une tache indélébile sur la civilisation. Saint-Nicolas et Zwarte Piet sont les symboles de la domination de l’Église catholique romaine sur la société, et du Blanc sur l’homme noir, réunis dans une farce offensante.

Au XXIe siècle, maintenant que les Églises traditionnelles ont en grande partie sombré par leur propre faute, après que nous avons pris congé d’un grand nombre d’influences obscures et que les connaissances scientifiques ont triomphé de la superstition, il serait grand temps de jeter ce répugnant cirque de Saint-Nicolas à la décharge de l’histoire.

Devons-nous vraiment subir chaque année le spectacle d’un potentat religieux suranné accaparant l’attention des médias avec quelque chose qui ressemble à des indigènes soumis de pays colonisés dans son sillage ? Il s’agit de Blancs déguisés qui représentent, à tout le moins, une caricature humiliante de personnes à la peau foncée. Ce que nous voyons là est une image d’agit-prop datant de l’époque d’une Église qui prétendait apporter le salut et la lumière dans des contrées lointaines.

L’esclave était la pièce maîtresse de la procession triomphale, mais l’évêque était celui qui lisait le livre dans lequel étaient inscrits vos péchés, et qui distribuait néanmoins des friandises et des jouets. Tout le monde comprendra sans doute clairement comment les rôles sont répartis ici. Les filles ne figurent pas dans cette pièce, et ce n’est pas un hasard non plus.


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