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À bas Saint-Nicolas et Zwarte Piet : introduction

À bas Saint-Nicolas et Zwarte Piet : introduction

Maintenant que la discussion annuelle autour de la problématique de Zwarte Piet reprend de plus belle, je vais moi aussi faire connaître mon point de vue : il s’agit d’un spectacle répugnant, écœurant et nauséabond, dans lequel des enfants sont massivement exposés à un personnage douteux affublé d’un costume épiscopal désuet, avec un champignon entre les jambes et un Zwarte Piet.

Ou plusieurs Zwarte Piet. Trêve de plaisanterie, Zwarte Piet est de loin le plus sympathique des deux, mais cela n’empêche pas qu’il s’agit d’un serviteur vêtu comme un esclave, d’un Blanc qui se peint le visage en noir et se déguise en caricature du Noir, pour ne pas employer le mot. Cela est blessant pour un nombre négligeable de nos concitoyens de couleur.

S’ils se sentent blessés et humiliés, il faut en tenir compte dans le débat. On ne peut plus le dire aujourd’hui, car dès que vous le faites, une tempête se lève sur les réseaux sociaux et vous êtes voué aux gémonies et hué. Apparemment, d’autres personnes se sentent alors offensées, celles qui veulent prendre la défense de Zwarte Piet. Sans doute parce qu’elles ont avec lui un lien sentimental, ou simplement par esprit de provocation.

Ces gens-là semblent entrer dans une colère noire, si l’on en juge par le ton des publications Facebook consacrées à la question. Pourtant, je ne cacherai pas ici que j’en ai assez du bon saint homme. Cette icône commerciale baroque martyrise, des semaines avant le six décembre, jour de sa fête, les rues commerçantes, les médias et Internet, et pour ma part, il serait temps que cela cesse.

Saint-Nicolas est une figure emblématique et révoltante de la frénésie consumériste sans limites, un jouet docile entre les mains d’intérêts commerciaux gigantesques et le champion incontesté de l’inégalité, puisqu’il donne davantage aux enfants riches qu’aux enfants pauvres. Toute son imagerie est faussée. Nous voyons un vieillard mâle et barbu vêtu en femme, coiffé d’une mitre et muni d’une crosse. Tout cela est éminemment symbolique.

Cette tenue grotesque est celle d’un évêque tel que nous le connaissons depuis la Contre-Réforme. Par ce terme, nous désignons une période de l’histoire du monde qui commence, grosso modo, dans la seconde moitié du XVIe siècle.


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