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Interview de Patrick Bernauw sur la mort du roi Albert Ier

Interview de Patrick Bernauw sur la mort du roi Albert Ier

Temps de lecture : 3 à 4 minutes.

Dans cette interview, Patrick Bernauw revient sur les récits entourant la mort mystérieuse du roi Albert Ier, qui, en 1934, fit une chute lors de l’ascension d’un rocher à Marche-les-Dames. Officiellement, il s’agissait d’un accident tragique, mais très vite des voix critiques s’élevèrent : le roi avait-il été assassiné ? Bernauw raconte comment, avec son co-auteur Guy Didelez, il fut mis sur cette piste grâce à la prophétie de Leonie Van Den Dijck — et comment cela le conduisit finalement à écrire plus d’un livre sur le sujet.

Patrick, comment êtes-vous arrivé, à partir de l’histoire de Leonie Van Den Dijck, la Voyante d’Onkerzele, à enquêter sur la mort mystérieuse du roi Albert Ier ?

Guy et moi avons d’abord écrit Het Orakel Ontgraven, un livre de non-fiction paru chez Manteau en 1993 et consacré à Leonie Van Den Dijck. En parallèle, nous avons publié chez Davidsfonds-Infodok un thriller historique pour la jeunesse autour de la mort du roi Albert Ier. Cette histoire découlait directement de notre projet sur Leonie — car elle avait prédit que le roi serait assassiné. Sans elle, nous ne nous serions jamais engagés sur cette voie.

Ce thriller de jeunesse connut le succès. Nous en avons même fait du théâtre conté, un monologue avec lequel j’ai sillonné la Flandre pendant des années. Plus tard, avec l’arrivée d’Internet, j’ai eu accès à de nouveaux matériaux et Het Februaricomplot (1999) a suivi. J’y ai formulé, plus clairement que jamais, l’hypothèse de Guy et la mienne : à Marche-les-Dames, il ne s’agissait nullement d’un accident.

D’où venait cette hypothèse ?

Je suis auteur, pas historien, mais il existe selon moi deux faits cruciaux systématiquement passés sous silence par les historiens qui soutiennent qu’Albert est mort accidentellement. Le premier concerne les blessures — ou plutôt leur absence… Quiconque tombe d’un rocher, que ce soit de douze, cinquante ou quatre-vingts mètres (les estimations de la hauteur de la chute du roi varient considérablement), souffre toujours de contusions et de fractures. Le roi n’avait rien de tout cela, hormis un trou béant dans le crâne. Il est impossible de tomber directement sur la tête sans aucune autre blessure ; même un roi ne peut pas faire cela.

Le deuxième point est encore plus étrange. Lorsque Albert Ier ne revint pas à l’heure prévue, son chambellan, Theophiel Van Dycke, donna l’alerte. Il était resté tout ce temps au pied du rocher à attendre. Van Dycke commença d’abord seul les recherches, puis fit appel à d’autres personnes des environs : des paysans flamands et des gendarmes qui connaissaient le terrain comme leur poche. Pendant quatre heures, ils fouillèrent la zone avec des torches et des lampes de poche… sans résultat. Jusqu’à l’arrivée de trois messieurs venus de Bruxelles. Sans cordes, sans lampes, sans aucun autre matériel. Ils garèrent leur voiture, dirigèrent les phares vers les rochers, et trouvèrent presque immédiatement les lunettes, la canne, la casquette… et le corps du roi. Il se trouvait à peine à douze mètres de la route, exactement là où les équipes locales avaient cherché en vain pendant des heures.

Pour moi, la seule conclusion possible est claire : Albert ne se trouvait pas là auparavant. Il a reçu une balle dans la tête ailleurs, puis son corps a été déposé au pied des rochers. La « version officielle » — celle de la chute accidentelle — est une fiction soigneusement construite. Un conte vendu comme vérité depuis 1934.

Une forme de réalisme magique, donc ?

Pour moi, cela relève du « réalisme magique » : nous vivons dans une fiction, imaginée ici par l’assassin d’Albert Ier. Non pas celui qui l’a réellement tué, mais celui qui a rédigé le rapport officiel pour le parquet de Namur. Depuis lors, nous acceptons cette histoire comme vraie. Alors qu’elle n’est rien d’autre que cela… une histoire.

Plus d’informations

Sur bernauw.com, vous trouverez davantage d’informations sur ce sujet. En 2008, Patrick Bernauw a écrit sa version définitive de cette affaire sous le titre Het Illuminati Complot (Manteau). Ce thriller historique de faction est toujours disponible dans le commerce. Il contient à la fois l’histoire de la voyante d’Onkerzele et son hypothèse concernant le complot d’assassinat.

Écoutez également ChatGPT… et le meurtre d’Albert Ier, un épisode du podcast Ware Misdaad.

Article de la VRT NWS sur la mort d’Albert Ier.

Interview, adaptation et publication par Hanna Brems.


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