Aller au contenu principal

Méditation et substances psychotropes : les animaux

Méditation et substances psychotropes : les animaux

Le vol

« L’oiseau » constitue un excellent point de départ, car chacun est capable de se représenter un oiseau. L’exercice de méditation consiste à demander aux participants de s’imaginer qu’ils sont un oiseau. Tout commence lorsqu’il sort de son œuf dans la chaleur du nid. Il a faim et piaille. Puis vient le jour où il apprend à voler.

Le monde semble alors devenir infini après la finitude du nid, pourtant si rassurant. L’oiseau voltige d’arbre en buisson, de fleur en fruit, gambade librement jusqu’au moment où tout lui paraît familier et où naît en lui le désir de quelque chose de plus élevé, celui de se rapprocher davantage de la lumière.

Alors l’oiseau prend son envol. C’est une belle journée d’été et les courants ascendants lui permettent de monter toujours plus haut. Sous lui, les arbres et les buissons deviennent de plus en plus petits, tandis que le paysage s’étend sans cesse davantage. Le vol s’élève toujours plus haut. Jusqu’au moment où l’oiseau entre dans un nuage.

Dans le nuage, on ne voit plus rien. C’est une blanche obscurité qui empêche toute vision sans être sombre. Tandis que l’oiseau continue de chercher à monter plus haut, le brouillard ne cesse de s’épaissir. C’est alors que surgit le doute : était-ce vraiment une bonne idée ? Avance-t-on encore ? Ne vaudrait-il pas mieux renoncer ?

L’oiseau qui persévère finit tôt ou tard par émerger au-dessus de la couche nuageuse, et ce qu’il découvre alors est indescriptible : cette lumière éclatante qui oblige à fermer les yeux tandis qu’elle caresse la surface cotonneuse des nuages ; au-dessus, le bleu pur du ciel. Cette expérience peut durer un instant, mais elle ne se prolonge pas indéfiniment.

Vient bientôt le moment où l’oiseau doit redescendre, retraverser le nuage, qui désormais n’a plus rien d’effrayant puisque nous savons ce qui se trouve au-dessus. Plus bas encore réapparaît bientôt le paysage familier. Fatigué mais comblé, l’oiseau retrouve ses arbres et ses buissons. Tout est demeuré inchangé, et pourtant plus rien ne sera comme avant, parce que l’oiseau voit désormais les choses avec un regard nouveau.

Voilà, dans ses grandes lignes, l’exercice de méditation de l’oiseau.


Aucun commentaire n’a encore été publié !

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Contributions récentes