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Arrêter de fumer ? Faites appel à un tabacologue ! Deuxième partie

Arrêter de fumer ? Faites appel à un tabacologue ! Deuxième partie

Vous aimeriez vous aussi arrêter de fumer, mais vous préférez ne pas le faire seul ? Un accompagnement par un tabacologue peut alors être une solution. La tabacologue Els Demuynck explique comment elle procède. Aujourd’hui, deuxième partie de l’interview.

Quelles sont mes chances de réussite si je viens vous consulter ?

« 9 clients sur 10 arrêtent de fumer. C’est beaucoup, mais cela s’explique par le fait que les personnes qui cherchent de l’aide ont généralement déjà franchi un premier pas vers un accompagnement et sont donc motivées pour arrêter. Elles doivent également croire en cette approche et avoir confiance dans le fait que l’arrêt en lui-même ne sera pas si terrible. Les fumeurs ont en effet très peur des symptômes de sevrage. Ils pensent aussi souvent qu’ils auront envie de cette cigarette toute leur vie. »

Vous parlez des symptômes de sevrage. Ils ne sont pas anodins, n’est-ce pas ?

« C’est très subtil, car chaque fumeur est en sevrage chaque nuit. La nicotine se décompose très rapidement et a une demi-vie de 1 à 2 heures. Si vous fumez donc une cigarette, après 1 à 2 heures, la moitié de cette dose est déjà éliminée et le cerveau réclame déjà une nouvelle dose. À ce moment-là, il y a déjà un très léger sevrage physique et cela ne fait pas tellement souffrir. En revanche, quelqu’un qui arrête pendant 1 ou 2 jours le ressentira évidemment. Mais il n’est pas vrai que les symptômes de sevrage continuent à s’intensifier jusqu’à ce que le cerveau se soit biologiquement détaché de l’envie de nicotine. De plus, certaines personnes souffrent davantage des symptômes de sevrage que d’autres.

La dépendance au tabac comporte trois facettes. La première est le volet physique : dans quelle mesure une personne est-elle dépendante ? Pour l’évaluer, j’utilise un questionnaire. Le deuxième volet concerne les habitudes de consommation de quelqu’un. Elles sont généralement similaires chez tous les fumeurs. Et le troisième volet est la dépendance psychologique. Je suis actuellement, par exemple, une femme qui s’est remise à fumer pendant un processus de deuil. Elle trouve très difficile d’arrêter, parce qu’elle a le sentiment que si elle abandonne la cigarette, elle abandonne aussi son processus de deuil. Dans ce cas, un bon accompagnement psychologique est certainement nécessaire. »

Combien coûte une consultation et combien me sera-t-il remboursé ?

« Vous payez 7,50 euros par quart d’heure, soit 30 euros de l’heure. Une personne bénéficiant d’une intervention majorée ne paie qu’1 euro par quart d’heure, soit 4 euros de l’heure. Cette somme vous est en outre intégralement remboursée par la mutuelle. »

Enfin, avez-vous encore quelques conseils pour les fumeurs qui souhaitent arrêter ?

« Oui, absolument. Le grand avantage du tabac, c’est qu’on peut arrêter de fumer. Arrêter de fumer n’est pas tant une question de caractère que de bonne préparation et de bonne approche. Informez-vous donc correctement sur Internet, auprès de votre médecin généraliste, de votre pharmacien, du tabacologue ou de la ligne Tabacstop.

Les recherches à grande échelle montrent que les personnes qui combinent des aides avec un accompagnement ont les meilleures chances de réussite. L’application d’aide à l’arrêt du tabac de la « TabakStopLijn », par exemple, est très facile à utiliser, efficace et gratuite.

Considérez également l’arrêt du tabac comme une aventure dans laquelle vous vous engagez. C’est un événement très particulier et passionnant, et il est logique que vous le ressentiez ainsi, car votre corps et votre esprit se libèrent d’une drogue et d’une habitude. Soyez également fier de vous dès le premier jour.

Autre conseil : pensez en 3/3/3. 3 jours pour éliminer la nicotine de votre organisme, 3 semaines pour vous habituer à cette nouvelle habitude qu’est le fait de ne pas fumer et pour laisser à votre cerveau le temps de se débarrasser de la dépendance à la nicotine, et 3 mois pour vous en détacher complètement sur le plan psychologique et, avec le temps, considérer naturellement le fait de ne pas fumer comme allant de soi.

Méfiez-vous également de l’idée selon laquelle « une seule ne peut pas faire de mal ». Il y en aura souvent 2 ou 3,… Mais ne considérez pas une rechute comme un échec complet. Sachez que vous pouvez vous reprendre et retrouver l’état de non-fumeur. Veillez alors à ne consommer aucun tabac pendant au moins 1 semaine après la rechute. Votre cerveau vous enverra très rapidement de subtils signaux indiquant qu’il réclame encore une cigarette. N’y cédez pas et utilisez éventuellement de légers substituts nicotiniques. Lorsque vous utilisez ces produits, votre cerveau entre lui aussi en mode de sevrage, mais de manière plus douce et progressive. De plus, ils n’entretiennent pas la dépendance si vous ne les utilisez pas pendant plus de 3 à 6 mois. Les cigarettes électroniques sont elles aussi de bonnes aides pour arrêter de fumer et elles sont beaucoup moins nocives que le tabac fumé.

Vous avez tout de même envie d’une cigarette ? Sachez alors que votre corps corrige complètement de lui-même cette envie (la modification du taux sanguin) après quelques minutes. Boire un verre d’eau plate peut aider à faire passer l’envie plus rapidement, ou simplement à laisser passer la pensée.

Beaucoup de gens ressentent également une sensation de faim lorsqu’ils sont en sevrage. Cette faim peut être soit de la soif, une faim véritable, une envie de nicotine ou un besoin psychologique, comme celui d’avoir envie d’entendre quelqu’un. Ces sensations de faim se ressemblent en effet beaucoup. Il s’agit donc, pendant les premières semaines, d’essayer de bien les distinguer les unes des autres et de ne pas se mettre à manger à chaque fois que l’on ressent une « sensation de faim ».

Un dernier conseil : faites une promenade chaque jour. Cela apporte du calme à l’esprit et au corps. »


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