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Addiction : une autorité publique divisée

Addiction : une autorité publique divisée

Il y a beaucoup de misère autour de nous que nous ne voyons pas toujours. Ce n’est donc pas toujours rose dans les soins de santé de première ligne. Ce qui en fait pourtant un métier formidable, c’est l’affection que nous témoignent nos patients. Et la gratitude que l’on reçoit lorsque l’on traite chacun avec respect et dignité. La population des personnes dépendantes ne fait pas exception.

On ne peut pas dire que les pouvoirs publics prennent les devants pour améliorer l’accueil des usagers, ne serait-ce que parce qu’ils interviennent en ordre dispersé. Nous avons fait un beau gâchis dans la Région de Bruxelles-Capitale, comme on l’appelle officiellement. Les différentes réformes de l’État ont abouti à un enchevêtrement de pouvoirs publics qui fonctionnent les uns à côté des autres.

Pour en citer les principaux : l’État fédéral, les deux communautés, flamande et française, la Région de Bruxelles-Capitale elle-même et dix-neuf communes, chacune avec son propre bourgmestre et son collège des échevins. Nous avons notre propre parlement, notre gouvernement local et toute une kyrielle de ministres. C’est un véritable imbroglio dans lequel même un chat ne retrouverait pas ses petits.

Dans le domaine de l’addiction, toutes ces instances prennent certes des initiatives, même s’il s’agit d’une compétence dont personne ne veut vraiment et qui flotte quelque part entre les soins médicaux, qui relèvent du fédéral, et la justice et la police, à cheval entre le fédéral et le régional, tandis que l’aide sociale et la prévention relèvent à leur tour des communautés. Pour beaucoup de Bruxellois, tout cela relève du « problème des autres ».

La médecine de première ligne est proche, peu coûteuse, facilement accessible et particulièrement efficace. Un médecin généraliste fait de tout : il ou elle traite aussi bien les événements aigus, comme la grippe, que les maladies chroniques, comme le diabète. Et beaucoup de troubles psychosomatiques, dans lesquels le corps exprime en réalité une douleur qui se joue dans l’esprit. Nous en souffrons tous à un moment ou à un autre. Le mal de ventre est un grand classique. Ou les articulations.

Tout peut se mettre à faire mal lorsque quelque chose ne va pas dans notre tête. Nous voyons tout ce qui est fréquent dans la société et donc aussi les addictions.

C’est précisément dans le domaine des soins aux personnes confrontées à l’addiction que le médecin généraliste peut rendre de grands services, longtemps restés sous-estimés. Nous sommes comme une araignée au centre de sa toile et nous disposons de toutes sortes de possibilités pour orienter la personne qui demande de l’aide vers la forme de prise en charge appropriée, pour autant qu’elle soit disponible.


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