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Addiction : transition

Addiction : transition

Cela s’est heurté. Le traitement a parfois été réduit à tort, avec des conséquences parfois fâcheuses. J’ai pourtant vu un certain nombre de jeunes gens, le plus souvent des hommes, qui avaient réellement besoin de ce médicament. Ainsi, quelqu’un qui, en dernière année, voyait ses lourdes études d’ingénieur partir à vau-l’eau en raison de problèmes de concentration croissants, s’est complètement épanoui grâce à la Rilatine et a terminé ses études avec succès.

D’après mon expérience, ce type de patients utilise la médication avec conscience et n’en fait pas mauvais usage. Dans ce groupe, du moins en ce qui concerne l’usage d’amphétamines, je ne vois pas apparaître de dérives. Ce qui, dans une autre vie, est une substance addictive, joue ici très correctement le rôle d’un médicament ayant une influence favorable et profonde sur la qualité de vie.

Nous ne pouvons évidemment pas entrer ici dans tous les aspects de la question, mais seulement en dégager quelques grandes lignes. Elles peuvent être extrêmement diverses, bigarrées et variées, et il est peut-être utile, dans ce cas, de nous donner quelques bonnes règles empiriques. Nous devons garder à l’esprit qu’une atteinte grave de la personnalité, ainsi que le comportement étrange qui l’accompagne, peut être la conséquence de troubles identifiables au niveau des cellules cérébrales et des molécules messagères qu’elles échangent.

Une affection psychiatrique n’est pas quelque chose que l’on peut résoudre par une bonne conversation. Ce n’est pas non plus une question de culpabilité, de paresse ou de stupidité, ou quoi que ce soit de ce genre. Ce n’est certainement pas quelque chose que l’on a choisi. Cela vous arrive. Dans bien des cas, cela ne reçoit aucun nom et il peut s’écouler beaucoup de temps avant qu’un médecin puisse poser un diagnostic.

Souvent, à ce moment-là, dans les cas graves, des dommages importants ont déjà été causés, parce que personne n’a su les identifier. C’est là que l’on constate souvent que l’approche psychothérapeutique n’est pas en mesure d’inverser la tendance, que le psychiatre entre en scène et, par extension, le médecin généraliste qui chausse ses lunettes psychiatriques.

Dans ces cas, un traitement médicamenteux adapté sera souvent nécessaire et, s’il est efficace, devra fréquemment être poursuivi pendant de nombreuses années, voire toute la vie. Les psychiatres sont encore plus rares et plus chers que les psychologues, même si une partie de leurs honoraires est remboursée par la mutuelle.


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