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Addiction : social

Addiction : social

Il existe une grande différence dans l’acceptation sociale de la consommation d’alcool. Pour les hommes, surtout autrefois, même si cela aussi est en train de changer, la consommation d’alcool peut pratiquement être considérée comme normale dans notre société. Moi-même, je bois et j’y prends beaucoup de plaisir, et on peut aussi appeler cela une dépendance, eh bien soit.

Je ne ressens aucun symptôme de sevrage si je ne bois pas pendant une journée. J’y prends plaisir et, avec les années, j’ai appris à maîtriser le démon. Cela ne m’a pas empêché de travailler toute ma vie, et même de travailler dur. L’alcool sert donc aussi à se détendre à toute vitesse le soir. Personne, dans mon entourage personnel, ne trouve cela anormal, notamment parce que je suis un homme.

Si ce n’était pas le cas, la réprobation serait sans doute plus grande. Il y a là une part de sollicitude que nous éprouvons les uns pour les autres, et c’est en quelque sorte positif, mais on en arrive rapidement à porter des jugements de valeur, ce qui conduit bientôt à une certaine intolérance sous la forme de désapprobation et de mépris.

Cela fait que beaucoup de femmes qui boivent le font en cachette. Les femmes ont beaucoup plus tendance à agir dans le secret. Cela vaut pour un certain nombre de choses et cela impose certaines exigences à l’aide qui leur est apportée. Les femmes dépendantes, mais aussi certains hommes, sont parfois très habiles pour dissimuler leurs habitudes de consommation d’alcool ou de comprimés. Cela va jusqu’au déni pur et simple, y compris vis-à-vis d’eux-mêmes, de l’existence d’un problème d’alcool ou de médicaments.

Dans ces cas, le sujet est totalement impossible à aborder. Elles ne veulent pas en parler. Parfois, il est vraiment impossible de les amener à s’ouvrir. Ou cela prend très longtemps. Ni la contrainte ni la violence n’y changeront rien. Cela finit souvent de manière tragique si rien n’est jamais fait pour mettre le problème sur la table. C’est parfois très difficile pour l’entourage proche : le partenaire, les parents, la famille. Ils voient cela avec impuissance et ne savent que faire : jouer le jeu du déni ou essayer d’en parler.

Dans l’aide que nous apportons, nous devons parfois reprendre tout cela depuis le début. En tant que professionnel de l’aide, je trouve, surtout dans les cas graves, qu’il est essentiel de ne pas perdre le contact. Si je me comportais de manière autoritaire ou agressive, cela ébranlerait la confiance réciproque. La personne dépendante n’a pas besoin de jugements, car elle se condamne généralement déjà assez elle-même.


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