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Addiction : show-business

Addiction : show-business

De nombreux troubles psychiatriques graves, tels que la psychose et la bipolarité, se manifestent après la puberté, durant l’adolescence ou chez le jeune adulte, mais il peut s’écouler beaucoup de temps avant qu’un médecin ne pose le diagnostic. Parfois, cela n’arrive jamais, sauf à titre posthume, comme on peut aussi en identifier de nombreux cas dans l’histoire à la lumière des connaissances actuelles. Ces troubles apparaissent souvent dans certaines familles, et l’on observe alors très fréquemment chez les proches des signes de souffrance psychique tels que l’Addiction et le suicide.

Il peut s’agir de toutes sortes de comportements singuliers — parmi lesquels l’Addiction occupe une place importante en tant que symptôme — qui attirent l’attention ou suscitent inquiétude, peur et incompréhension chez les membres de la famille ou dans l’entourage proche. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour instaurer davantage d’ouverture à ce sujet. On dirait qu’il existe une sorte de devoir de silence fondé sur la honte et la peur.

En psychiatrie, il est parfois difficile de révéler le diagnostic et de l’annoncer à la personne concernée. Ce n’est pas rien de vivre avec une anomalie héréditaire qui affecte les cellules cérébrales et pour laquelle il n’existe pas de guérison. Cela paraît très inquiétant. Tout dépend de la manière dont on annonce cette nouvelle et du cadre dans lequel on la présente. Être bipolaire n’est en soi ni une condamnation à mort ni une déclaration de folie. Dans de nombreux domaines, ce n’est pas non plus un obstacle sur la voie du succès.

Il n’est pas si facile de dire à quelqu’un qu’il ou elle est probablement psychotique ou bipolaire, car qu’est-ce que cela signifie alors pour cette personne ? Nous comprenons-nous encore l’un l’autre ? Cela demande beaucoup d’explications mutuelles pour parvenir à y voir clair. On peut toutefois faire référence à des exemples de personnes célèbres qui ont connu quelque chose de similaire. Si l’on choisit bien ses exemples, la personne déclarera souvent qu’elle s’y reconnaît.

Cela confirme à mes yeux le diagnostic que j’avais en tête. Accepter ce diagnostic n’est pas une mince affaire, parce que les symptômes sont souvent considérés comme faisant partie de la personnalité, dont on ne souhaite pas se séparer. Ce n’est d’ailleurs pas le but. Le traitement des patients psychiatriques en général et des usagers de substances en particulier ne vise pas, à mes yeux, à modifier leur personnalité.

Il s’agit plutôt d’essayer de comprendre pourquoi, dans une certaine mesure, on est différent de la plupart des gens et comment cette différence se manifeste. Cela vous mettra sur la voie de stratégies permettant de mieux composer avec la maladie et de vaincre vos démons intérieurs.

Photo : Jacquelinekato (Pascal Kirchmair) / CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)


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