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Addiction : sevrage

Addiction : sevrage

L’industrie pharmaceutique a longtemps affirmé que les nouveaux tranquillisants des années soixante et soixante-dix ne créaient pas de dépendance. Il apparut rapidement que c’était bel et bien le cas. Il est en effet très difficile d’arrêter les benzodiazépines pour ceux qui en sont devenus dépendants, et les symptômes de sevrage peuvent être particulièrement pénibles, comme une angoisse hurlante, mais aussi des crises d’épilepsie. Pour ne citer que ces deux-là.

Ce n’est pas une mince affaire. Personnellement, je prescris peu ou pas du tout ces produits, car je n’en ai pas besoin. Ils présentent trop d’inconvénients. Il existe quelques cas exceptionnels où ils peuvent être utiles, mais je serai rarement celui qui mettra en route un traitement par benzodiazépines, car je ne veux pas me sentir responsable des conséquences.

Il peut toutefois m’arriver de renouveler l’ordonnance chez des personnes qui ont commencé ce traitement ailleurs et qui ne peuvent pas s’en détacher immédiatement, mais jamais sans le déconseiller en termes on ne peut plus clairs et sans les exhorter vivement à arrêter. J’ai vu tant de misère liée à ces produits que j’en suis arrivé à cette politique stricte.

D’après mon expérience, ce sont des substances nocives présentant un fort potentiel addictif et des effets secondaires inquiétants, auxquels s’ajoutent des interactions dangereuses avec d’autres substances, notamment l’alcool. Je ne saurais trop les déconseiller, d’autant plus que nous pouvons très bien nous en passer. Il existe très peu de raisons médicales qui justifieraient encore leur utilisation.

Les benzodiazépines peuvent être nécessaires dans des cas bien déterminés, à dose minimale et pendant une courte période. La question est toujours de savoir si cela restera limité à l’avenir, une fois que l’on a commencé. Imaginons maintenant un revers de fortune et que cette personne trouve la boîte dans l’armoire à pharmacie et se mette alors à en prendre plusieurs jours de suite. On peut ainsi se faire piéger sans même s’en rendre compte.

Ces produits sont encore beaucoup trop souvent prescrits à des personnes anxieuses et dépressives qui sont initialement ravies du résultat : elles peuvent à nouveau dormir et se sentent apaisées. Malheureusement, le plaisir est de courte durée, car très rapidement ces produits perdent leur efficacité sous l’effet de l’accoutumance, et la tendance apparaît à augmenter les doses.

Les effets secondaires augmentent alors, alors qu’aucune accoutumance ne se développe à leur égard, bien au contraire. Ils s’accumulent à mesure que la formation des métabolites se poursuit et s’amplifie. Ce qui se passe alors exactement défie l’imagination.


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