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Addiction : responsable

Addiction : responsable

Je vois naturellement surtout les cas où les choses ont mal tourné. Dieu sait combien il y a d’usagers qui ne viennent jamais chez nous, parce qu’ils n’ont pas besoin de nous et sont par ailleurs en parfaite santé. Le médecin doit chaque fois évaluer s’il convient ou non d’accéder à leur demande, en fonction de l’état de l’individu, mais aussi du potentiel addictif du produit demandé.

Ce n’est pas que je prescrive à chacun ce qu’il demande. Je résiste fermement, surtout lorsqu’il s’agit de benzodiazépines. Je dois tout de même mettre mon expertise de médecin au service de la situation et vérifier si cela vous est réellement bénéfique. Je dois prendre mes responsabilités, en termes d’intérêt individuel, mais aussi d’intérêt collectif.

L’usage existe de tout temps et a laissé partout des traces dans notre culture. Après tant de siècles, nous pouvons nous appuyer sur un riche patrimoine de connaissances et de compréhension, qui nous permet de mieux appréhender la réalité et de mieux y faire face. Nous pouvons beaucoup apprendre de la manière dont nous avons procédé dans le passé et de la manière dont les autres pays font les choses.

La pierre de touche est naturellement la littérature, et plus particulièrement la littérature scientifique récente. C’est là que nous devons chercher inspiration et orientation. Notre désir de faire quelque chose pour ceux qui ont besoin d’aide ou de soins doit prendre forme à la lumière des connaissances contemporaines. Sinon, on fait souvent plus de mal que de bien.

C’est un long processus d’apprentissage, car on apprend chaque jour, mais l’effet est durable. C’est l’une des choses que nous devrons apprendre au cours du processus qui mène à l’Addiction, et par lequel nous nous libérerons de notre dépendance. Cela demande un certain investissement en temps au départ et l’effet recherché se fait attendre, contrairement à une substance chimique qui intervient immédiatement et efficacement, mais dont l’effet est lui aussi temporaire.

Prenons maintenant un tout autre exemple : l’ordinateur ne fonctionne pas. L’une des premières questions que vous allez vous poser est pourtant de savoir s’il s’agit d’un problème de logiciel ou d’un défaut matériel. L’un concerne les programmes que vous utilisez sur votre appareil, l’autre la machine elle-même, sur laquelle quelque chose est peut-être défectueux.

Aux problèmes de logiciel correspondent des solutions logicielles, tandis qu’en cas de défaut matériel, c’est la machine elle-même qui fait défaut. Il ne faut toutefois pas confondre les deux, sinon vous perdez votre temps.


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