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Addiction : réforme de l’État

Addiction : réforme de l’État

Jamais encore on n’avait vu qu’un médecin doive soumettre au préalable un traitement déterminé à un quelconque organisme de l’État, en indiquant le nom et le prénom, la date de naissance et l’adresse du patient. À mes yeux, cela constituait une violation flagrante du secret médical et de la vie privée de l’intéressé.

À l’époque, nous étions encore beaucoup moins conscients des problèmes liés à la vie privée qu’aujourd’hui, mais c’était déjà grotesque compte tenu des rapports de l’époque. La question qui surgissait immédiatement était pourtant : « Que vont-ils faire des données que je vais leur transmettre ? » et aussi : « Qui va en juger et quels critères vont-ils appliquer ? » Et enfin : « Que vont-ils faire de ces listes ? »

À Bruxelles, pour comble de malheur, deux Ordres et deux CMP étaient actifs et compétents : l’un pour les médecins francophones et l’autre pour les médecins néerlandophones. C’est compliqué, mais cela revenait à dire qu’en tant que médecin néerlandophone à Bruxelles, dans un environnement majoritairement francophone, je devais me conformer à une réglementation différente de celle de mes confrères des environs qui relevaient de la communauté française.

Bref, cela me rendait malade et je me suis donc demandé si je ne pouvais pas y mettre un frein. Je ne pouvais tout de même pas imaginer devoir arrêter de délivrer de la méthadone ou que l’administration puisse m’en empêcher. Entre-temps, j’avais un grand nombre de patients sous méthadone qui étaient devenus dépendants de leur traitement, car cela reste une dépendance. Certes, sous encadrement médical, mais c’est précisément ce qui fait toute la différence pour leur santé. Je ne pouvais en aucun cas les abandonner.

Mais cela ne devait pas être. Je ne voyais pas d’autre issue que d’interpeller le monde politique. J’étais alors membre de l’aile gauche de la Volksunie, qui n’existe plus aujourd’hui, mais qui a historiquement joué un rôle majeur dans la prise de conscience flamande. Au moins deux partis nationalistes qui existent encore aujourd’hui en sont issus.

En 2000, Bert Anciaux (1959) était ministre flamand de la Culture, de la Jeunesse, du Logement, de la Politique urbaine, des Affaires bruxelloises et de la Coopération au développement. Tout un programme. Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé l’occasion de lui exposer mon problème et il m’a conseillé de m’adresser à ce sujet au sénateur de l’époque Vincent Van Quickenborne (1973), qui rejoindrait peu après le VLD libéral.


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