Aller au contenu principal

Addiction : psychiatrie

Addiction : psychiatrie

Il faut utiliser au mieux les moyens dont on dispose afin d’en tirer le meilleur rendement possible. Je vois les choses de la même manière dans la prise en charge des problèmes psychiques. C’est une autre règle empirique de la médecine générale.

J’appelle « software » tout ce qui résulte d’expériences traumatiques du passé, d’un chagrin non résolu, d’un deuil interminable, de diverses formes de remords et de rancœur, de sentiments de culpabilité, de colère face à l’injustice, etc. Ces récits sont biographiques et il s’agit ici principalement d’un travail d’élaboration.

En pratique, ce sont tous des cas typiques qui relèvent du domaine du psychologue, du moins dans le cadre que j’applique inconsciemment chaque jour. Or, dans ce pays, nous manquons cruellement de psychologues. Ou plutôt non. Ils sont bien là, mais ils ne sont pas accessibles, parce que leurs services ne sont pas remboursés, ou à peine, par la caisse d’assurance maladie.

La psychiatrie regorge de diagnostics. La terminologie utilisée à cet effet est assez complexe. Au risque de perdre quelques nuances, je l’ai répartie ici de manière simple. Les « problèmes de software » correspondent, dans ma terminologie personnelle et simplifiée, aux névroses, par opposition aux défauts de hardware, parmi lesquels figurent les psychoses.

Il s’agit une fois encore de règles empiriques caricaturales, qui constituent néanmoins un repère pour évaluer les troubles du comportement et de l’expérience vécue. Nous avons tous nos stratégies pour faire face à une réalité hostile. Nous avons tous nos peurs et nous traversons tous, à un moment ou à un autre, des périodes où nous flanchons. Il faut une certaine expérience pour sentir quand les limites du supportable sont atteintes.

Parfois, cela devient trop lourd et nous devons alors pouvoir nous raccrocher à ce qui, en définitive, nous permet de tenir debout. Pour ma part, c’est le souci que nous avons les uns des autres. C’est le fondement de ce que je veux faire. La manière de procéder dépend de l’expérience et des connaissances que l’on acquiert. Celles-ci reposent sur une formation qui, dans mon cas comme dans celui de nombreuses générations de médecins après moi, reste insuffisante dans le domaine de la santé mentale.

Au fil de ma carrière, j’ai dû apprendre à y voir clair dans la jungle des manifestations de l’âme de toutes sortes que nous rencontrons dans la pratique. On apprend cela progressivement au cours de sa carrière. Il suffit de regarder ce que l’on peut faire, et parfois d’apprendre à accepter qu’il existe aussi des situations qui échappent à notre influence thérapeutique. On ne gagne pas toujours et, parfois, quelqu’un se perd en chemin.

Absolutely. Here is the French translation, preserving the numbering, paragraph spacing, register, and terminology as before.


Aucun commentaire n’a encore été publié !

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Contributions récentes