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Addiction : psychanalyse

Addiction : psychanalyse

Pendant longtemps, on a considéré à tort que le TDAH était un problème d’éducation, sans cause biologique. Les psychanalystes du XXe siècle, à l’époque où la psychanalyse était à la mode, estimaient que le TDAH était une déviation névrotique. Disons que c’était le prix à payer pour la vie moderne, parce que les parents avaient de moins en moins de temps et d’attention à consacrer à leurs enfants.

Les amphétamines, de leur côté, avaient mauvaise réputation. Elles étaient utilisées ou détournées massivement pour maigrir, ou dans le cadre du dopage, notamment dans le cyclisme. Ces substances sont fortement addictives, avec une accoutumance rapide et des symptômes de sevrage désagréables lorsque la personne dépendante cesse de les prendre. Prescrites à bon escient par un médecin, elles sont toutefois indispensables à certains patients atteints de TDAH.

La molécule la plus utilisée est la Rilatine, connue sous le nom de Ritalin aux États-Unis. Depuis la fin du siècle dernier, nous savons que le TDAH n’est pas une maladie typiquement infantile qui disparaît après la puberté. Environ 60 % des cas continuent à souffrir de symptômes gênants à l’âge adulte. Le trouble est beaucoup plus fréquent qu’on ne pourrait le penser. Les estimations tournent autour de 8 % chez les enfants et de 5 % chez les adultes.

Dans les cas bénins, cela n’empêche pas l’épanouissement de la personne, mais on pourrait en dire autant de nombreux troubles psychiques. Avec un peu de respect et de connaissance de la situation, ces personnes trouvent encore leur place dans notre société. Il existe toutefois une différence selon le sexe. Le TDAH touche trois fois plus de garçons que de filles.

Des facteurs défavorables tels que la pauvreté, les problèmes familiaux, la violence ou d’autres troubles du développement peuvent aggraver la situation. Le TDAH est plus fréquent en ville qu’à la campagne. On le retrouve dans tous les pays et dans toutes les cultures. Beaucoup dépendra de la manière dont on le prend en charge. Tous les moyens légaux sont bons pour accompagner un enfant vulnérable à travers les années scolaires et jusqu’à l’âge adulte.

De nombreuses stratégies sont possibles, et l’une d’elles consiste à prendre des médicaments. Je ne doute pas qu’il existe des enfants pour lesquels cela soit crucial, et il en va tout autant plus tard pour les adultes. Ce qui est étrange, c’est que ce trouble ne figurait pas dans la formation des psychiatres pour adultes et qu’il était également inconnu des médecins généralistes.

On se retrouvait donc dans une situation où, enfant agité, on vous traitait aux amphétamines, tandis qu’à l’âge adulte vous aboutissiez en psychiatrie, où le syndrome était inconnu.


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