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Addiction : problèmes

Addiction : problèmes

Nous constatons énormément d’ignorance et tous les problèmes de santé qui en découlent, notamment en ce qui concerne les soins de santé mentale. L’usage de substances et l’addiction sont très répandus en ville et comportent toutes sortes de risques et de complications. La propagation du sida et de l’hépatite, par exemple, mais aussi les abcès liés aux injections, la malnutrition, les problèmes dentaires et le poumon du fumeur, parfois dans des proportions préoccupantes.


L’usage de substances dans le circuit illégal pèse parfois lourdement sur le budget familial et fait obstacle à l’intégration sociale. L’usager peut se retrouver soudainement confronté à l’appareil répressif de la police et de la justice. Il peut subir un rejet social et être confronté à d’autres facteurs conduisant à la marginalisation, surtout lorsqu’il existe également une souffrance psychique sous-jacente.


Trouver le chemin vers une prise en charge adaptée ne va pas toujours de soi. Il faut malgré tout rester un peu vigilant, car lorsqu’on commence à parler d’usage et d’addiction dans le monde médical, l’accueil n’est pas toujours chaleureux, ni partout. Les préjugés restent également très présents chez les médecins. Nous ne devons pas permettre que ces idées fausses aggravent encore la souffrance des personnes concernées, mais malheureusement, cela arrive encore.


L’usage d’héroïne est interdit et pourtant il y a des gens qui en consomment. On ne peut vraiment pas tous les enfermer dans une institution ou une prison. Nous ne devons pas nous montrer réticents lorsqu’ils font appel à nos services pour toutes sortes de problèmes, même lorsque les plaintes sont la conséquence de leur consommation de drogues. C’est le dilemme auquel j’ai été confronté lorsque j’ai repris un cabinet de médecine générale en 1993.


Il y avait là un problème avec les usagers qui avait pris des proportions considérables. On ne peut pas non plus les chasser. Je voulais réellement les aider et je me creusais la tête pour savoir comment m’y prendre. Je me suis senti obligé de me former à l’aide à apporter à cette problématique si fréquente. Pour en savoir davantage sur l’accueil et le traitement des personnes faisant usage de substances, je me suis mis à lire et à suivre des formations complémentaires.


C’est pourquoi j’ai participé pendant des années à un groupe d’intervision. J’y ai rapidement appris que la prise en charge des usagers de drogues ne devait désormais plus viser uniquement l’arrêt de la consommation, mais beaucoup davantage la limitation des dangers et des risques liés à l’usage, dans une perspective de réduction des risques : Harm reduction en anglais.


Nous y reviendrons plus longuement.


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