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Addiction : PGC

Addiction : PGC

L’État exerce un contrôle sur tout ce que les médecins prescrivent. Au début des années quatre-vingt-dix, deux institutions exerçaient chacune, depuis sa propre perspective, un contrôle sur la pratique de la prescription.

Tout d’abord, chaque médecin relève du droit disciplinaire de l’Ordre des médecins, autrefois appelé Ordre des médecins praticiens. L’Ordre est une corporation, disons une guilde ou une association professionnelle, composée exclusivement de médecins qui doivent obligatoirement en être membres s’ils veulent exercer leur profession. Le Conseil de l’Ordre, son organe directeur, est élu par les membres au suffrage.

Le droit disciplinaire consiste à rappeler à l’ordre les médecins qui, dans quelque domaine que ce soit, commettent des écarts et, si nécessaire, à les sanctionner. Cela peut aller de sanctions verbales, telles qu’un avertissement, un blâme ou une réprimande, jusqu’à l’interdiction d’exercer encore la profession de médecin, pour une durée déterminée ou à titre définitif, selon la gravité des accusations.

La Commission médicale provinciale (PGC), en revanche, est un organe de l’État belge, disons de la Couronne, qui, sous l’autorité du ministre de la Santé publique, dispose dans chaque province d’une commission chargée de vérifier que les médecins et les pharmaciens respectent les règles régissant l’exercice de leur profession. Ce groupe consultatif est composé de médecins de la région.

La PGC s’occupe notamment de viser les diplômes et d’accorder l’agrément en tant que médecin, qu’elle peut également retirer. Tant l’Ordre que la PGC disposent d’un pouvoir d’enquête. Tout comme l’Ordre des médecins, mais indépendamment de celui-ci, la PGC avait elle aussi le pouvoir de m’interroger ou d’exiger la consultation des dossiers. Tous deux se montraient, comme par hasard, extrêmement réticents, pour ne pas dire hostiles, à l’égard de la thérapie par méthadone.

Supposons qu’ils m’aient condamné : ils pouvaient alors me dénoncer au parquet du procureur du Roi, s’il s’avérait que j’entretenais la consommation de drogues en fournissant des produits addictifs, au sens de la loi de 1921. Bref, entre 1994 et 2000, j’ai été convoqué à plusieurs reprises devant une sorte de tribunal qui se composait le plus souvent de retraités.

À chaque fois, je devais aller expliquer tout ce que je faisais avec et pour d’anciens héroïnomanes. À un moment donné, j’ai même dû faire appel à un avocat pour défendre mes intérêts. Cela m’a coûté une fortune, comparativement à mes propres revenus de ces années-là. Heureusement, il était suffisamment compétent pour obtenir mon acquittement.


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