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Addiction : nicotine

Addiction : nicotine

La dépendance à la nicotine mériterait elle aussi un livre à part entière, mais je ne peux pas m’y attarder ici. Une grande partie de ce que nous avons dit de l’addiction en général s’applique également au tabac. C’est une fois encore un marché où beaucoup d’argent circule, avec une industrie organisée qui fait activement de la publicité là où elle y est encore autorisée et qui commercialise ses produits avec beaucoup de professionnalisme. L’État participe allègrement à cette activité en prélevant des taxes et des accises élevées qui alimentent les caisses publiques.

Ici, l’État intervient directement sur le prix par le biais de ses taxes, et il a été démontré qu’un prix plus élevé entraîne une augmentation du nombre de personnes qui cessent de fumer. Il y a donc bien un raisonnement valable derrière cette politique. Je ne vais pas énumérer ici les inconvénients du tabagisme et des autres formes de dépendance à la nicotine. Ils sont suffisamment connus.

C’est une habitude dont il faut se débarrasser, au terme d’un processus de motivation que l’on peut entamer à n’importe quel moment. On commence à y réfléchir et l’on constate évidemment assez vite quelques inconvénients. Cela a une influence négative sur l’espérance de vie. Cela coûte beaucoup d’argent. Ce n’est pas hygiénique, etc.

Le tabagisme est probablement l’addiction pour laquelle l’aide spécialisée est la mieux organisée. On trouve énormément de ressources sur Internet, chez le pharmacien et auprès du médecin généraliste. C’est une véritable boîte à outils. Rendez-vous sur www.tabakstop.be. Des « tabacologues » sont disponibles pour vous aider à vous débarrasser de votre addiction. Il existe toutes sortes d’aides et également des médicaments.

Comme l’espace est très limité dans ce livre et que je ne suis pas non plus le plus grand spécialiste du sevrage nicotinique, je ne vais pas m’étendre davantage sur le sujet. Ce que nous voyons souvent, en tant que médecins généralistes, c’est le poumon du fumeur, connu sous l’abréviation officielle BPCO, qui vient du terme anglais Chronic Obstructive Pulmonary Disease.

Chronique signifie de longue durée et l’obstruction désigne ce qui se produit dans les voies respiratoires lorsqu’on fume : le rétrécissement de ces fins conduits dans les poumons par lesquels l’air doit passer à chaque respiration.

La prévalence de la BPCO aux Pays-Bas est de 20 pour 1 000 habitants, ce qui correspond à 320 000 patients atteints de BPCO. Chaque année, environ 6 000 personnes meurent de la BPCO, soit quelque 4 % du nombre total de décès chez nos voisins du nord. En Belgique, la situation n’est pas très différente, à en croire le site Internet d’une mutuelle. À l’heure actuelle, au moins 700 000 personnes souffrent de BPCO en Belgique. Parmi elles, 150 000 présentent une forme sévère.


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