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Addiction : mémoire

Addiction : mémoire

Korsakoff a décrit les lésions neurologiques que peut entraîner un abus chronique et excessif d’alcool, non seulement au niveau des cellules cérébrales, mais aussi au niveau des longs nerfs des jambes, où peut apparaître une polyneuropathie, qui rend la marche plus difficile et fait perdre en partie la perception de l’endroit où l’on pose ses jambes. Il en résulte une démarche caractéristique, jambes largement écartées.

Le syndrome qui porte son nom désigne des hommes ou des femmes d’un certain âge qui semblent réagir de manière adéquate au cours d’une conversation, mais qui n’ont plus de mémoire, si bien qu’on peut leur poser sans cesse la même question sans qu’ils s’en rendent compte. Ils donneront inlassablement la même réponse.

Bien qu’au premier contact on puisse croire qu’ils ne présentent guère de problèmes, les patients atteints du syndrome de Korsakoff sont désorientés, principalement dans le temps, puisqu’ils ne retiennent plus rien. Ils peuvent souvent raconter avec force détails, voire de longues histoires, qui n’ont aucun rapport avec l’ici et maintenant. C’est une conséquence tardive d’une consommation prolongée d’alcool, et cela mérite donc d’être pris en compte dans l’analyse coûts-bénéfices de ce fléau.

Outre l’abus d’alcool, le syndrome de Korsakoff peut également apparaître à la suite d’une dénutrition sévère, par exemple en cas d’anorexie mentale, de consommation chronique de drogues dures, de maladies somatiques graves comme le sida, de béribéri et de famine, mais dans le monde occidental, l’alcool reste de loin le principal pourvoyeur de ces tableaux cliniques.

Il est remarquable que la fréquence de son apparition liée à la consommation d’alcool semble également être marquée culturellement : bien que la consommation excessive d’alcool soit plus souvent constatée en France, le syndrome de Korsakoff y est moins fréquent qu’aux Pays-Bas. L’explication pourrait être que les personnes dépendantes à l’alcool en France conservent plus longtemps une alimentation saine, lis-je quelque part, mais je pense que cela pourrait aussi tenir à la différence entre le vin et la bière.

Il y a peut-être quelque chose dans ce vin français qui protège les buveurs, comme ce serait le cas pour le cholestérol, du moins déjà contre ces formes de lésions cérébrales. Ce sont toutes des différences très relatives. Là où vient le brasseur, le boulanger n’a rien à faire. C’est un proverbe qui signifie : qui boit trop mange trop peu.

Principalement du pain complet, qui constitue une excellente source de thiamine.


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