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Addiction : médication

Addiction : médication

Il faut toujours continuer à croire qu’il est possible d’agir, du moins sur les conséquences les plus néfastes. Pour ma part, j’adopte une approche très pratique. Souvent dans le but de rétablir le calme et l’équilibre et de restaurer le sommeil, afin que la pensée rationnelle redevienne possible et que toutes sortes de problèmes concrets puissent être abordés un à un.

Si l’on y parvient déjà, avec le temps, les choses finiront par se calmer et la personne touchée apprendra à affronter autrement la vie quotidienne, qui peut être épouvantable. Il est important que ceux dont le sol s’est dérobé sous les pieds retrouvent leur place dans la société. Cela demande parfois plusieurs années d’efforts acharnés, mais c’est possible, avec de la patience, de la disponibilité à l’écoute et une grande dose d’expérience. Et cela sans juger, et de préférence aussi sans donner de bons conseils.

Notre action doit toujours viser à accroître l’autonomie de la personne et à lui fournir les moyens dont elle a besoin pour être mieux à même de prendre ses propres décisions. Nous disposons d’un certain nombre de moyens et de stratégies pour intervenir dans un processus de prise de conscience et de réalisation de soi, en éliminant les obstacles et en favorisant les facteurs de croissance.

En tant que médecin généraliste, compte tenu de la pression du temps, nous ne pouvons souvent pas nous permettre le luxe d’attendre les résultats d’une psychothérapie longue et exigeante avant d’agir. Il y a aussi souvent des besoins urgents. Tant que règnent l’agitation et la confusion, cette psychothérapie ne pourra même pas commencer.

Il faut inscrire cela sur une ligne du temps et s’attaquer d’abord aux problèmes les plus urgents, sans perdre de vue le fond de la question. Pour certains, une bonne conversation ne suffira pas et nous pouvons alors opter pour une approche médicamenteuse. C’est extrêmement sensible, parce que tout le monde semble avoir là-dessus une opinion bien tranchée.

Toutes sortes d’histoires circulent au sujet des médicaments psychiatriques et nous ne pouvons pas toutes les rectifier ici. En tant que médecins, nous devons toutefois nous demander ce que nous sommes en train de faire lorsque nous prescrivons des médicaments, parfois puissants, à des patients confrontés à un problème d’Addiction.

Il s’agit d’une question pertinente, mais également légitime : le médecin qui prescrit un produit devant être pris à long terme ne crée-t-il pas ainsi une nouvelle dépendance ?


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