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Addiction : médicaments

Addiction : médicaments

Le suicide et les tentatives de suicide constituent un événement dramatique qui survient à quelqu’un dans une situation de détresse aiguë, où il ne voit plus aucune issue. Il peut aussi s’agir de crises qui surviennent dans une histoire chronique, lorsque tout éclate soudainement. S’agit-il alors d’une dépression aiguë, d’une poussée psychotique ou encore d’un épisode maniaque chez une personne bipolaire ?

Cela peut sembler anodin, mais cette distinction est bel et bien déterminante pour la conduite à tenir. On ne peut pas faire de la prévention du suicide ni prendre en charge l’Addiction si l’on ne voit pas qu’une population présentant des besoins psychiatriques vit parmi nous. Je vais ici, de manière un peu cavalière, planter quelques balises, tout en sachant que le temps me manque pour approfondir.

En Belgique, depuis de nombreuses années, nous soignons trop de patients avec des médicaments et pas assez avec la psychothérapie. En tant que médecin généraliste, j’ai peu de choix, en attendant que les listes d’attente se résorbent, si ce n’est de prescrire malgré tout les médicaments qui soulagent la détresse la plus aiguë et redressent une situation qui a pris une mauvaise tournure. Je suis certain que nous délivrerions beaucoup moins de tranquillisants si une prise en charge psychologique rapide et efficace était disponible pour chacun, sans délai et sans soupirs ni murmures.

Personne ne conteste que la psychothérapie soit la meilleure approche de la dépression, surtout lorsqu’elle est exogène. Si seulement il n’y avait pas cette pénurie et ces problèmes d’accessibilité. Nous gardons toujours à l’esprit l’autonomie et l’indépendance du demandeur de soins. Ce qui est dans son intérêt, nous devons le faire en tant que médecins généralistes, dans la mesure de nos possibilités.

Lorsque, en tant que médecin généraliste, nous craignons de maintenir une dépendance par notre prescription, il est peut-être temps de faire appel à un psychologue, car quelque chose est alors peut-être en train de couver et pourrait être résolu bien mieux d’une autre manière. Dans ma fonction, je n’ai malheureusement pas le temps de trouver la question derrière la question et de dévoiler le secret derrière le secret.

Tant que le demandeur de soins est dans un état d’agitation ou n’a pas toute sa tête, cela n’a d’ailleurs guère de sens de passer sa biographie au peigne fin. Dans les formes prolongées et sévères de dépression, dans la psychose ou chez les patients bipolaires, les médicaments sont souvent indiqués et parfois indispensables à la survie. La conversation sera tout autre lorsque le traitement médicamenteux commencera à agir.


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