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Addiction : marketing

Addiction : marketing

Les substances qui renforcent l’action inhibitrice de l’acide gamma-aminobutyrique (les fameux agonistes du GABA ; l’inverse étant un antagoniste du GABA) peuvent être utilisées comme « médicament » contre l’épilepsie et l’anxiété. Les benzodiazépines, le baclofène, l’alcool et les barbituriques sont des exemples d’agonistes du GABA et provoquent donc une diminution de l’activité du système nerveux central.

Il en résulte de la somnolence, une altération de la coordination, une diminution de la concentration et des troubles de la mémoire. Lorsque le Valium fut commercialisé en 1963, il connut rapidement un succès mondial. Cela s’expliquait notamment par le fait qu’il paraissait alors si sûr. Du moins en comparaison avec les barbituriques, les somnifères des années cinquante qui, entre autres, coûtèrent la vie à Marilyn Monroe.

Était-ce une tentative de suicide ou un accident ? La réponse n’est pas claire. Ce que nous savons, c’est qu’elle utilisait du Nembutal, un barbiturique alors en vogue. C’étaient des comprimés qui n’étaient absolument pas sûrs, car il suffisait d’en prendre plusieurs à la suite pour tomber dans le coma et mourir. Aujourd’hui, ils ne sont plus utilisés, sauf dans le cadre de l’euthanasie. Du Valium, en revanche, on pouvait avaler des dizaines de comprimés et y survivre.

Cette marge de sécurité était alors sans précédent. Nous étions dans les années soixante. Dans les années soixante-dix, le corps médical adopta massivement ce nouveau médicament, qui devint l’un des premiers mégasuccès du nouveau monde pharmaceutique. Le Valium suscita quantité d’imitations de la part de firmes qui voulaient elles aussi tenter leur chance, certaines connaissant à leur tour un succès relativement important.

La classe thérapeutique des benzodiazépines était née. Les « pam ». Ces substances furent largement utilisées pour les troubles du sommeil et l’anxiété. La frontière entre ces deux domaines est floue. Il s’agit souvent des mêmes substances présentées sous un autre nom, avec peut-être quelques différences dans la rapidité et la durée d’action, de sorte qu’une molécule devenait un tranquillisant et l’autre un somnifère, mais elles ont évidemment le même point d’action.

Au cours des années soixante et soixante-dix, prendre des comprimés devint chose tout à fait courante. Dans le monde de la musique, ils étaient connus sous le nom de « Mother’s Little Helpers », parce qu’ils aidaient à résoudre des difficultés typiquement féminines telles que la maternité, ou son absence.


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