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Addiction : l’usager

Addiction : l’usager

Cher lecteur,

à partir d’aujourd’hui, vous pouvez lire ici, en exclusivité, la première version du manuscrit définitif de mon livre « Addiction ». Bonne lecture et j’attends avec intérêt vos réactions.

Qui êtes-vous, lecteur de ce livre ? Je ne le saurai qu’après coup. Pour l’instant, je sais seulement qui j’aimerais que vous soyez : un usager de substances ou quelqu’un de son entourage proche. Ou encore un professionnel de l’aide, de quelque domaine qu’il soit, confronté à des problèmes liés à l’usage ou à l’addiction. Toute personne qui souhaite en savoir davantage sur l’usage de substances et sur la manière de l’aborder.

C’est le public que je souhaite atteindre. C’est donc vous, à mes yeux, sans aucun préjugé, je l’espère, d’un côté comme de l’autre. C’est là que les choses tournent souvent mal. Tant de gens ont déjà leur jugement tout fait, qu’ils ne sont plus disposés à modifier et qui fait fi de toutes les connaissances modernes. Beaucoup éprouvent un sentiment de désapprobation lorsqu’il est question d’usage de substances et mettent tout le monde dans le même sac. Il faut que cela change.

Ma contribution consiste à essayer d’expliquer clairement ce qui est réellement en jeu dans l’usage de substances, même si je n’ai pas non plus toutes les solutions dans ma poche. Je ne peux que résumer mon expérience et la transmettre dans une certaine mesure. Chaque personne est différente. C’est de là qu’il faut partir. Chaque public est différent, et cela vaut certainement pour les usagers. Tous les âges, tous les sexes, toutes les cultures sont concernés. L’usage de substances n’est vraiment pas lié à un groupe ou à une classe particulière.

Il s’agit d’un comportement humain très répandu et, comme dans tout groupe, on observe une grande dispersion des différences autour d’une moyenne. Nous devons précisément nous défaire de l’idée que les usagers de substances constituent une catégorie particulière de personnes. Qu’il s’agit de gens affligés d’une déficience quelconque que nous pourrions, pour notre propre confort, enfermer quelque part dans une case afin de les placer ainsi à l’extérieur de nous-mêmes.

Bref, il s’agit de personnes d’origines diverses qui mènent leur vie du mieux qu’elles peuvent. Souvent avec beaucoup d’adversité, car bon nombre des usagers que j’ai connus n’ont pas eu la vie facile. Ils sont davantage exposés que la moyenne à toutes sortes de difficultés, notamment à la maladie ainsi qu’aux problèmes psychosociaux et professionnels.


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