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Addiction : le marché de l’éthanol

Addiction : le marché de l’éthanol

L’alcool a toujours existé et continuera probablement d’exister éternellement. Il est de toute façon impossible à éradiquer, puisque chacun peut en fabriquer grâce à un processus de fermentation. L’éthanol, pour l’appeler par son nom précis, est une molécule très simple que l’on peut obtenir par des procédés élémentaires et que chacun peut produire chez soi.

La plupart du temps, il suffit de l’acheter au supermarché, ce qui nous évite de nous donner trop de peine. Il en existe toutes sortes de formes, que l’on peut répartir entre la bière, le vin et les alcools forts ou boissons spiritueuses. L’aqua vitae, l’eau-de-vie, pour laquelle il y aura toujours une demande. Il n’est pas nécessaire de l’importer de pays exotiques et sa fabrication comme sa vente ne coûtent pas très cher. Presque chaque pays possède son alcool national.

Nous sommes un pays de bière. Toute une industrie et tout un réseau de distribution se sont développés autour d’elle et ont accumulé des capitaux considérables. Certains producteurs ne sont pas les premiers venus. Il s’agit d’immenses entreprises internationales, comme le groupe belgo-brésilien InBev, pour ne citer que lui. Ces mégagroupes ne se contentent pas de vendre leurs breuvages, ils s’emploient aussi activement à les faire connaître et à en faire la publicité afin d’attirer des consommateurs qui ne se doutent de rien et de les inciter à goûter.

À l’échelle mondiale, ce sont des acteurs extrêmement puissants financièrement qui vendent des produits contenant de l’alcool. Depuis toujours, ils sont les sponsors favoris des clubs sportifs et des événements de divertissement, mais aussi des rassemblements politiques. Ces brasseurs et distillateurs font de la publicité et essaient de vendre leurs marchandises comme n’importe quelle autre entreprise.

Au fil des siècles, les pouvoirs publics ont essayé toutes sortes de choses pour limiter cela, mais sans parvenir à entamer le phénomène le moins du monde. Au contraire, l’État en profite lui aussi par le biais des taxes et des accises, et se rend donc complice. La consommation se poursuit toujours, et je ne la verrai certainement pas disparaître de mon vivant.

Si l’on voulait tenter de l’interdire, elle passerait dans la clandestinité et l’on provoquerait des catastrophes, comme les intoxications au méthanol qui peuvent rendre aveugle. Cela peut résulter d’une erreur au cours de la distillation, car il faut tout de même une certaine précision ; sinon, les conséquences peuvent être incalculables. La distillation clandestine d’alcool est dangereuse et doit être évitée à tout prix.

Comme pour toutes les autres substances impossibles à éradiquer, le mot d’ordre reste toujours le même : réglementer, ne pas interdire. Et apprendre aussi à vivre avec. Si cela devient une dépendance, en parler avec quelqu’un et ne pas le garder secret.


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