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Addiction : l’accueil

Addiction : l’accueil

Le plus urgent doit être fait en premier : mettre fin aux comportements dangereux, limiter les risques, mais cela relève en grande partie du domaine du patient. Dans l’idéal, il faut également procéder à un bilan de santé général, que nous essayons alors d’organiser. Nous pouvons rapidement vérifier s’il n’existe pas de risque infectieux, notamment en ce qui concerne les virus de l’hépatite, la syphilis ou le VIH. Entre-temps, on examine ce qu’il est encore possible de faire.

Les soins dentaires sont nécessaires chez de nombreuses personnes qui demandent de l’aide à des stades avancés. Des abcès cutanés et des phlébites peuvent survenir, auxquels s’ajoutent les conséquences de la négligence, comme les carences vitaminiques et une hygiène insuffisante. Il y a souvent beaucoup à faire sur le plan médical au début, mais cela diminue avec le temps, à mesure que l’état de santé s’améliore et que le traitement produit, espérons-le, ses effets.

On peut alors espérer que la personne reprendra davantage prise sur sa vie. Pour commencer, un jour à la fois, mais cela peut ensuite s’étendre progressivement. Souvent, dès le départ, des problèmes sociaux doivent être pris en charge d’urgence : être en règle avec la mutuelle ou avec le CPAS, le service communal belge qui peut venir en aide dans les situations de détresse sociale. Certains peuvent bénéficier d’un revenu de remplacement.

Il y a quantité de démarches à entreprendre et, lorsque la personne s’est apaisée et y participe, nous pouvons, avec un peu de chance, soulager les besoins les plus pressants. Entre-temps, nous espérons que la relation s’installe suffisamment pour que l’on puisse un jour s’intéresser aussi à la racine du mal, et cela touche alors au secret personnel.

Celui-ci peut être différent à chaque fois, car les choses ne sont pas aussi simples. À mesure que la personne qui demande de l’aide et celle qui l’apporte apprennent à mieux se connaître au cours de rencontres répétées, qui se déroulent généralement autour de problèmes concrets, nous, médecins généralistes, quittons progressivement notre rôle strictement médical pour adopter davantage une attitude thérapeutique.

Quelque chose de chaleureux, sécurisant et confidentiel qui se crée peu à peu, mais il faut dès le début se regarder dans les yeux. Se toucher, ce qui n’est pas évident en ces temps de Covid-19. Nous devons nous nommer l’un l’autre dans la rencontre de deux personnes autonomes qui ne combattent pas à armes égales, car l’une a le besoin et l’autre le savoir, pour le dire de manière un peu abrupte.

Cette tension ne peut être résolue que par le soin, qui est une forme d’amour.


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