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Addiction : la psychose et le langage

Addiction : la psychose et le langage

Même lorsque les pensées du patient semblent à première vue cohérentes, il peut avoir des difficultés à s’exprimer par le langage. La parole est alors perturbée. La personne parle précipitamment, fait des choix de mots étranges ou utilise des néologismes. En cas de confusion plus importante, des phénomènes tels que l’écholalie peuvent également apparaître : la personne répète les phrases qu’elle a entendues. Il peut aussi y avoir de la palilalie, c’est-à-dire la répétition compulsive de ses propres mots ou phrases, ou de fragments de ceux-ci.

Le plus souvent, ces patients se mettent à parler plus rapidement, avec un volume sonore moindre, si bien que le phénomène peut parfois ressembler à du bégaiement ou à du marmonnement. Une glossolalie peut également apparaître, que l’on appelle aussi langage sonore ou langage des langues. Le flot de paroles produit est incompréhensible pour les personnes extérieures, ne correspond à aucune langue connue et ne comporte pas de syntaxe, mais bien une structure phonétique et une forte charge émotionnelle.

Le glossolaliste considère pourtant que son discours est destiné à communiquer. Il trouve pénible de ne pas être compris. Tu peux éprouver des émotions amplifiées ou totalement inadaptées à une situation, comme rire à un enterrement. Tu peux aussi devenir soudainement ému, apparemment sans raison : tu te mets par exemple tout à coup à pleurer. Les émotions peuvent également sembler absentes. Le langage peut s’éteindre, ce qui nous ramène aux symptômes négatifs.

Peu de paroles, manque d’initiative, perturbation durable du rythme veille-sommeil, absence d’énergie, d’envie ou d’initiative, mouvements à peine perceptibles et mimique figée. De tels symptômes négatifs peuvent apparaître aussi bien dans la schizophrénie que dans le trouble bipolaire de type I. Dans des circonstances extrêmes, comme la guerre ou des sévices graves, des personnes sans antécédents psychiatriques peuvent elles aussi devenir psychotiques.

La plupart des gens, cependant, ne deviennent pas psychotiques, même dans des circonstances fortement éprouvantes, bien qu’ils puissent souffrir de dissociation et de crises d’angoisse. Un petit groupe, mais néanmoins significatif, connaît une poussée psychotique à la suite de facteurs extérieurs relativement bénins, comme la perte d’un emploi, un divorce, un déménagement ou des vacances, alors que d’autres réagiraient peut-être avec une colère et une profonde blessure, sans pour autant sortir de la réalité.

Cela est sans aucun doute lié à une prédisposition innée : la présence en quantité insuffisante ou excessive de certaines substances dans le cerveau, sous l’influence des chromosomes. Certaines psychoses, comme la psychose puerpérale, sont parfois provoquées par d’importantes fluctuations hormonales. Une privation extrême de sommeil et la consommation de drogues peuvent également conduire à une psychose. En cas d’intoxication alcoolique, les manifestations psychotiques sont connues sous le nom de delirium. Une psychose peut également être une réaction à une dépression sévère ou à un burn-out.

 


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