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Addiction : hernie

Addiction : hernie

La douleur chronique est plus fréquente qu’on ne le pense. Cela va des victimes d’accidents de la circulation aux personnes atteintes d’un cancer. Toute personne souffrant de douleurs chroniques constitue un groupe très particulier du point de vue du médecin spécialisé en Addiction. Il ne faut pas faire la morale sur l’Addiction à quelqu’un qui souffre le martyre. Nous devons alors chercher comment soulager cette détresse et, parfois, des médicaments sont nécessaires.

Même lorsqu’il s’agit de substances susceptibles d’engendrer une dépendance. Certains en ont réellement besoin pour mener une existence digne. Nous ne pouvons pas refuser notre aide à ces patients douloureux et, s’il existe des moyens pharmaceutiques susceptibles de soulager leur douleur, nous ne pouvons pas les en priver.

Il faut néanmoins réfléchir sérieusement à ce que l’on prescrit et ne pas prescrire machinalement tout ce qui nous est demandé. Il ne faut cependant jamais tomber dans l’arbitraire, c’est là que réside le piège. C’est une forme de pouvoir que l’on détient par l’intermédiaire de l’ordonnance médicale portant sa signature. En théorie, on peut aussi, tôt ou tard, refuser de délivrer le produit.

Ce qu’il ne faut jamais faire, c’est provoquer soi-même une dépendance. Je me répète, mais c’est précisément pour cela que je ne prescris pas de benzodiazépines. Prenons le cas de quelqu’un souffrant d’une grave atteinte de la colonne vertébrale, par exemple à la suite d’une hernie discale. Une telle hernie peut se situer soit au niveau cervical, soit au niveau lombaire.

Dans le premier cas, on peut ressentir des douleurs fulgurantes qui irradient jusque dans les mains et les doigts, lesquels deviennent engourdis. De manière comparable, mais au niveau des membres inférieurs, on peut souffrir d’une inflammation du nerf sciatique, ou sciatique, avec des douleurs irradiant jusqu’aux genoux et parfois cette sensation d’avoir le pied endormi. Ces patients se voient prescrire massivement des benzodiazépines aux services des urgences depuis quelques années, et je trouve cela vraiment scandaleux.

La sciatique peut durer des années et constitue donc une source de douleurs graves et prolongées, mais non mortelles. Eh bien, dans ce cas, le besoin d’obtenir des antalgiques est grand, et il faut donc envisager les choses sur le long terme, car le demandeur de soins ne sera pas débarrassé de son mal de sitôt. Il existe encore bien d’autres syndromes douloureux chroniques, face auxquels la chirurgie reste impuissante ou a déjà été tentée. On ne peut pas laisser dans le froid des patients qui souffrent le martyre. Mais il faut savoir ce que l’on fait avec ses médicaments, car tout cela est loin d’être aussi simple.


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