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Addiction : femmes et hommes

Addiction : femmes et hommes

C’est à peu près la même catégorie de personnes qui tombe dans le piège de l’alcool ou des benzodiazépines. Des personnes anxieuses, qui luttent souvent contre des complexes de culpabilité ou des revers émotionnels, prises dans un cycle de remords ou de rancœur, dans une sorte de vision en tunnel qui protège un peu l’âme sensible sous une couverture douillette d’indifférence artificielle.

On peut observer une différence entre les hommes et les femmes, même si c’est un peu caricatural de dire que l’alcool est la drogue masculine et les comprimés davantage celle des femmes. L’alcool n’est plus exclusivement une affaire d’hommes. Autrefois, c’était bien le cas. Au début du XXe siècle, les hommes buvaient encore deux fois plus d’alcool que les femmes, mais cet écart s’est presque entièrement résorbé.

La génération actuelle de jeunes femmes boit presque autant que les hommes. Cette augmentation de la consommation d’alcool chez les femmes a également des conséquences néfastes sur leur santé. Il faut donc redoubler d’efforts pour limiter l’impact de l’alcool sur la santé des jeunes femmes.

Un verre standard d’alcool contient 10 grammes d’alcool. Chez les hommes, l’ingestion entraîne un taux d’alcoolémie de 0,2 ‰, contre 0,3 ‰ chez les femmes. Cela s’explique par le fait que les femmes pèsent en moyenne moins lourd, ont moins de tissu musculaire et moins de liquide corporel. Il existe en outre des différences au niveau du métabolisme. Une même quantité d’alcool se répartit donc chez une femme dans un volume beaucoup plus réduit, ce qui entraîne logiquement une concentration plus élevée.

Les femmes ont en outre un foie plus petit, ce qui ralentit la dégradation de l’alcool par rapport aux hommes. Elles sont donc, pour de simples raisons physiologiques, plus vulnérables que les hommes aux effets négatifs de l’alcool. Cela n’a rien à voir avec un quelconque jugement de valeur. Il est suffisamment démontré que les femmes développent plus rapidement une stéatose hépatique, puis une cirrhose, en raison d’une consommation excessive d’alcool.

Les lésions cérébrales pourraient également apparaître plus rapidement. Les femmes courent par ailleurs, par rapport aux hommes, d’autres risques tels qu’une augmentation du risque de cancer du sein, des perturbations du cycle menstruel, un risque accru de fausse couche et le syndrome d’alcoolisation fœtale chez leurs enfants si elles boivent pendant la grossesse.

C’est surtout la stigmatisation liée à la consommation d’alcool qui est très différente chez les femmes et chez les hommes.


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