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Addiction : exploration du monde

Addiction : exploration du monde

Cela commence déjà lorsque vous êtes bébé et que vous commencez à ramper. Vous voulez franchir des obstacles ou voir si certaines choses s’emboîtent. Dès l’enfance, vous cherchez à essayer de contrôler votre environnement. C’est ce que nous avons tous fait. Nous grandissons, nous allons à l’école et nous devons nous adapter à une société qui n’est pas toujours aussi bienveillante envers tout le monde. Notre capacité à contrôler notre environnement est mise à rude épreuve à mesure que nous grandissons, devenons adultes puis vieillissons.

Cela fonctionne également dans l’autre sens. À mesure que les gens ont moins accès au pouvoir et au contrôle, ils se sentent souvent plus mal. Notre propre pouvoir est limité par le pouvoir que les autres exercent sur nous. Dans notre société, le pouvoir et les revenus sont très inégalement répartis. Quelques-uns sur cette planète possèdent énormément, tandis que beaucoup n’ont presque rien.

Cette inégalité se retrouve également au sein du groupe des personnes qui consomment des substances. Il y a la consommation de drogues des riches et celle des pauvres, et ce n’est pas le même tableau. C’est précisément là tout l’enjeu de notre propos : l’usager est, par essence, très diversifié. La consommation existe dans toutes les couches de la société et dans toutes les sous-cultures et communautés culturelles.

Le médecin spécialisé dans les addictions doit bel et bien tenir compte, dans certains cas, de l’ancrage culturel de l’usage de substances. Ceux que nous rencontrons dans la pratique sont les naufragés. Ceux qui n’y sont pas arrivés, ceux qui ont échoué, sont ceux auxquels nous avons le plus affaire. Les exclus et les marginaux.

Il s’agit souvent de personnes souffrant d’un trouble psychiatrique quelconque qui est passé inaperçu et n’a jamais été traité. Ce genre de malades mentaux ne trouve pas sa place dans la société, sauf tout le respect que je leur dois. Notre société est organisée selon un principe darwinien : survival of the fittest. Seuls les plus aptes survivent. Les plus forts s’en sortent bien et les autres sont condamnés à une vie dans l’ombre.

L’accès au véritable pouvoir et au contrôle est réservé à ceux qui s’intègrent le mieux au système, ou qui possèdent par hasard un talent exceptionnel qu’ils peuvent monnayer. Ils ne sont pas très nombreux. La plupart doivent s’adapter à un processus éducatif et professionnel qui n’est pas toujours favorable à tout le monde et auquel chacun n’est pas également capable de participer.


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