Aller au contenu principal

Addiction : douleur chronique

Addiction : douleur chronique

Les antipsychotiques ont déjà été évoqués comme traitements utiles de la psychose. En ce qui concerne la dépression, nous disposons heureusement aujourd’hui de médicaments raisonnablement efficaces et bien tolérés contre la morosité pathologique : les antidépresseurs.

L’amitriptyline, la mère de tous les antidépresseurs, figure dans la trousse d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé, puisqu’elle a été déclarée médicament essentiel. Bien que ses grandes heures soient derrière elle, maintenant que de nouveaux produits ont conquis le marché, elle a trouvé une seconde vie, notamment dans le traitement de la migraine et des douleurs chroniques.

Cela mérite quelques explications, surtout dans le contexte de ce livre consacré à l’Addiction et à la désAddiction. Nous voyons énormément de patients souffrant de douleurs chroniques en médecine générale, et celles-ci vont souvent de pair avec la dépression. Je le mentionne parce que c’est quelque chose que l’on néglige souvent : la douleur accapare toute l’attention tandis que la dépression reste tue.

Lorsque vous êtes dépressif et que vous souffrez en même temps quelque part, mettons à l’estomac ou aux intestins, ou encore au niveau des articulations, eh bien cette douleur prend immédiatement des proportions plus importantes. Les personnes dépressives souffrent davantage de la douleur. Elles la ressentent tout simplement plus fortement, sous l’effet de leur humeur dépressive.

Les antidépresseurs jouent un rôle important dans la prise en charge multidisciplinaire des douleurs chroniques sévères, c’est-à-dire prolongées. Même chez les patients qui ne présentent aucun symptôme dépressif, ils pourraient agir sur la douleur chronique. Il existe par ailleurs toutes sortes de techniques issues du monde de l’anesthésie, ainsi qu’un usage approprié des antalgiques.

Dans les cliniques de la douleur, on envisage également des analgésiques puissants, les painkillers lourds, parmi lesquels les dérivés de la morphine occupent la plus grande place. Il existe bel et bien des situations cliniques où l’on ne peut faire autrement que de prescrire de tels médicaments. Si les antidépresseurs permettent d’en réduire le besoin, c’est assurément utile.

L’industrie a mis sur le marché des produits extrêmement puissants qui présentent malheureusement aussi un important potentiel de dépendance. Aux États-Unis et dans plusieurs pays européens, ils ont évincé l’héroïne du marché parce qu’ils sont tellement puissants et efficaces. C’est aussi ce qui les rend dangereux. Il existe un commerce clandestin très actif de ces produits.

Des amendes très élevées ont été infligées aux États-Unis à des entreprises qui en faisaient la publicité.


Aucun commentaire n’a encore été publié !

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Contributions récentes