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Addiction : des pilules ou des paroles ?

Addiction : des pilules ou des paroles ?

Si personne dans votre entourage n’est immédiatement disponible pour vous écouter, allez voir le médecin généraliste ou le psychologue, qui pourra peut-être vous aider à surmonter votre passage à vide et vous rendre un peu plus avisé pour affronter les prochains défis de la vie. Il vous en restera peut-être des cicatrices, mais il faut bien continuer à avancer.

La thérapie peut faire des miracles dans le cas d’une dépression exogène. Il faut peut-être faire le ménage dans les caves et les greniers de la mémoire et regarder ce qui vous pousse ainsi, afin de mieux envisager l’avenir et de définir de nouveaux objectifs de vie. Entre-temps, vous apprenez aussi comment affronter l’angoisse et les accès de malaise. La psychothérapie vous aide à découvrir les causes profondes et ainsi à traiter durablement la dépression.

Dans les formes légères et modérées, les médicaments contre la dépression ne sont généralement pas nécessaires pour guérir la dépression, mais ils le sont parfois dans les cas graves. Ma règle empirique est la suivante : les médicaments ont un effet rapide, mais ils ne résolvent pas les problèmes de la vie. La psychothérapie peut apporter une solution, mais cela demande du temps. Une combinaison des deux est parfaitement possible et donne les meilleurs résultats.

Autre règle empirique : on peut s’analyser jusqu’à s’en rendre malade, mais si ce sont les cellules cérébrales qui fonctionnent de travers, on n’ira pas plus loin par cette seule voie si l’on ne prend pas également des médicaments. En Belgique, nous sommes aujourd’hui un peu victimes d’un système dans lequel les médicaments sont disponibles rapidement et de manière fiable à la pharmacie du coin, ce qui est un luxe. En revanche, trouver un psychologue qui vous écoute est beaucoup plus difficile et prend davantage de temps : il y a donc pénurie.

Beaucoup de temps est perdu à mesure que chaque centre de santé mentale de mon vaste environnement dresse des listes d’attente toujours plus longues, sans que personne ne s’en émeuve. Nous abandonnons ainsi lamentablement les personnes qui demandent de l’aide et recherchent des soins de santé mentale.

Les chiffres du suicide en Belgique ne mentent pas. En 2017, 978 personnes sont décédées par suicide en Flandre. Cela revient à près de 3 suicides par jour. Près de 3 sur 4 (71 %) étaient des hommes. Il s’agit vraisemblablement d’une sous-estimation, puisqu’il y a également chaque année des décès dont la cause est difficile à déterminer.

Cette statistique repose sur les données de l’acte de décès établi par un médecin et transmises à l’Agence des Soins et de la Santé.


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