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Addiction : décompensation

Addiction : décompensation

Tout le monde expérimente un jour ou l’autre avec des substances. Souvent, cela s’arrête là. Certains y prennent plaisir, d’autres non. Seul un petit nombre devient dépendant. Comment cela se fait-il ? Eh bien, plusieurs facteurs entrent en jeu, que nous allons nommer. Cela a pourtant souvent à voir avec une certaine vulnérabilité dont vous êtes porteur.

Les personnes qui demandent de l’aide ont souvent épuisé toutes leurs idées avant d’arriver chez nous pour recevoir des soins. Pour beaucoup, la substance qu’elles consomment constitue une forme d’automédication, par laquelle elles combattent une sensation indésirable avec des substances qui, dans le meilleur des cas, ont leur place en pharmacie et sont soumises à prescription médicale et, dans le pire des cas, sont tout bonnement interdites.

Très souvent, le chemin vers l’aide n’est pas facile à trouver. On peut encore garder la situation sous contrôle pendant un certain temps et remettre à plus tard le moment de chercher de l’aide. Nous parlons alors de consommation contrôlée, et certains réussissent fort bien à la maintenir pendant longtemps. Je ne porte là-dessus aucun jugement moral.

Nous sommes favorables à l’autonomie. Si des personnes mènent donc leur vie de manière autonome sans déranger les autres par leur consommation de substances, qui sommes-nous pour en dire quoi que ce soit ou pour intervenir ? Supposons que personne ne subisse de préjudice et que la consommation se poursuive de manière stable pendant des années sans que cela se remarque ? Eh bien, nous n’avons pas à rendre un quelconque verdict ni à mettre des bâtons dans les roues de ces personnes.

Dans d’autres cas, cependant, les choses tournent mal et la consommation dégénère en abus ou en addiction, ce qui n’est d’ailleurs pas la même chose. Quoi qu’il en soit, l’habitude de consommation peut, à un moment donné, entraîner des conséquences négatives pour la santé, le budget, le statut social ou quoi que ce soit d’autre. Il peut arriver que la consommation se déséquilibre et finisse par dominer toute la vie.

Parfois, cela va très vite et un processus de pertes et d’échecs se met en marche qui, en l’espace de quelques mois, bouleverse toute l’existence : le partenaire n’en peut plus, le travail ne va plus, les conflits apparaissent. Travail perdu, partenaire perdu, et à un moment donné, il ne reste plus que la drogue. Il m’arrive de voir des gens tomber littéralement dans le caniveau avant même que j’aie eu le temps de m’en rendre compte.


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