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Addiction : débriefing

Addiction : débriefing

Nous essaierons de remplacer les substances nocives par de meilleures, dans le but d’accroître l’autonomie.

En tant que médecin généraliste, je tenterai, lors de chaque entretien, dans le peu de temps dont je dispose par consultation, de faire un petit débriefing. Il s’agit d’écouter, au rythme de la personne concernée. Peu à peu, un secret se dévoile. C’est particulièrement difficile lorsque la personne qui demande de l’aide se trouve dans un état d’agitation ou d’inquiétude, surtout au début.

La première chose à faire est de laisser s’écouler un peu tout ce réservoir d’émotions accumulées. Mais on ne peut pas régler toute cette question en un seul entretien, sinon on passerait la journée entière à parler. Ce n’est pas possible en pratique. Il faut se revoir plus souvent. On sait assez vite à qui l’on a affaire. Je laisse autant que possible la personne qui demande de l’aide déterminer elle-même le rythme.

Je ne vais pas moi-même activement à la recherche du souvenir douloureux. Il fait bien son travail tout seul. Je laisse cela au psychologue. Je m’appuie sur des règles empiriques pour pouvoir prendre rapidement une décision, et tout dépend de savoir si ce sont les bonnes. Je suis toutefois convaincu qu’après quarante ans d’expérience, les procédures ont été suffisamment affinées, car on s’adapte en permanence, à mesure que l’on reçoit des retours.

Une règle empirique est une manière d’établir une distinction pratique qui nous aidera à déterminer notre prise en charge et à utiliser aussi efficacement que possible les moyens limités dont nous disposons dans l’aide aux personnes. Il s’agit de déterminer rapidement dans quel contexte nous nous trouvons afin de pouvoir apporter une réponse adéquate à la demande.

La distinction entre un problème de logiciel et un problème de matériel est une de ces règles empiriques, même si nous devons y apporter une nuance. Il existe une zone d’ombre entre le matériel et le logiciel, et cela concerne les choses qui sont arrivées aux enfants très jeunes. Plus on était jeune au moment où cela s’est produit, plus il est difficile de l’effacer.

En réalité, on ne peut jamais effacer. C’est ce qu’il y a d’étrange dans la mémoire humaine. Elle mène sa propre vie et, de temps à autre, elle fait surgir involontairement des souvenirs, bons ou mauvais. On ne peut pas les effacer. Ils font partie de soi.

Tôt ou tard, il faudra leur donner une place. Ce qui s’est produit a été si profond et si déterminant, et s’est gravé si profondément dans l’âme, qu’il n’y a plus grand-chose à y faire.


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