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Addiction : comorbidité

Addiction : comorbidité

Les femmes souffrant d’une dépendance ont, plus souvent que les hommes, une relation avec un partenaire lui-même dépendant. Cela contribue à entretenir la dépendance et peut rendre plus difficile, après un traitement, le fait de ne pas retomber dans les anciennes habitudes une fois de retour à la maison.

En moyenne, les femmes deviennent dépendantes plus tard dans leur vie que les hommes et présentent plus souvent une comorbidité. C’est un mot compliqué pour dire qu’il existe en réalité une deuxième maladie, souvent passée inaperçue, qui relève du vocabulaire psychiatrique.

Les femmes dépendantes sont encore plus souvent que les hommes confrontées à un problème psychique grave qui explique et alimente la dépendance, comme une dépression, un trouble panique ou une phobie, notamment la phobie sociale, ou, en français courant : la peur de l’autre. Chez les hommes souffrant d’une dépendance, on diagnostique en revanche plus souvent un trouble de la personnalité antisociale ou un trouble du comportement.

Les femmes ont d’autres déclencheurs de rechute et, pour elles, le seuil à franchir pour entreprendre un traitement contre une dépendance reste plus élevé. Les études montrent en outre que les symptômes de sevrage sont souvent plus sévères chez les femmes que chez les hommes et que les femmes reçoivent souvent moins de soutien de leur entourage dans leur rétablissement.

Tout cela fait que la prise en charge des femmes qui consomment mobilise toute notre énergie, notre engagement et nos talents, afin de mieux les atteindre et de mieux répondre à leurs besoins. Non seulement pour éviter qu’elles ne subissent de graves dommages en intervenant à temps, mais aussi parce que derrière la consommation se cache très souvent une histoire douloureuse, qui devra tôt ou tard être racontée.

Il y a aussi souvent, derrière tout cela, un trouble psychiatrique qui peut également être héréditaire et toucher parfois des lignées entières. Dans une famille où l’un des parents, ou les deux, présentent un trouble du comportement ou de la personnalité, et où plusieurs des enfants en présentent également, il peut parfois se produire des dérapages, avec l’apparition de comportements transgressifs.

Ce sont précisément ces limites que nous considérons normalement comme convenables et auxquelles chacun se conforme qui, dans ces familles, sont atteintes, et cela est particulièrement préjudiciable au développement relationnel et psychologique de l’enfant, qui en portera les traces à l’âge adulte. La dépendance n’est qu’une des manières dont cela peut se manifester. Il en existe d’autres.


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