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Addiction : causes de la dépression

Addiction : causes de la dépression

On ne peut pas rompre cela brutalement, mais avec le temps, quelque chose comme une reconnaissance mutuelle finit tout de même par se développer. Je ne sais pas si cela aide, mais je suis particulièrement prudent avec les antidépresseurs chez les personnes qui ont des idées suicidaires. Le changement d’humeur que nous recherchons peut vous faire basculer de l’autre côté, lors d’une journée critique ou quelque chose de ce genre, vers le dix-septième jour de la prise, lorsqu’un gigantesque fantasme comportemental se déploie et peut conduire à la mort ou à l’automutilation.

La prescription devrait donc idéalement s’inscrire dans une prise en charge psychothérapeutique, qui est malheureusement rare et difficilement accessible dans notre pays. Pour ma part, dans ma position de médecin généraliste, et avec le peu de temps dont je dispose, j’essaie malgré tout de transmettre quelques éléments, adaptés sur mesure au type d’histoire que nous avons entendue. De l’empathie, de la compassion, mais aussi de l’empowerment et une forme d’absolution.

Les patients dépressifs sont souvent aux prises avec la culpabilité et la honte. Il est bon que le médecin dise alors quelque chose comme : « Ce n’est pas ta faute », ou : « Tu n’as pas à en avoir honte. » Il faut voir ce qui convient le mieux. Prendre des comprimés maintenant ne devrait pas être vécu comme une humiliation, mais c’est souvent le cas.

Même si vous prenez des antidépresseurs et que vous commencez à vous sentir mieux, il est indiqué de suivre une psychothérapie afin de traiter votre décompensation dépressive de manière efficace et causale. Elle vous aidera à mobiliser toutes vos ressources pour échapper une fois pour toutes à cette noirceur d’esprit, et aussi à vous libérer à nouveau du traitement.

Les causes d’une dépression sont diverses et il s’agit souvent d’une conjonction de circonstances et de facteurs extérieurs qui constituent une charge ; il faut alors examiner les capacités de résistance. Combien pouvez-vous supporter et comment réagissez-vous lorsque cela devient trop lourd ? Cela varie d’une personne à l’autre, mais chez une même personne, les réactions restent souvent assez semblables au fil du temps.

Nous avons tous nos sensibilités et nos limites, dont nous n’aimons pas qu’elles soient franchies. Parfois, c’est tout simplement trop. On peut y reconnaître des schémas qui peuvent orienter la prise en charge. Les problèmes de couple, la maladie, le deuil, les abus, le burn-out, le harcèlement, une enfance difficile, pour n’en citer que quelques-uns.

Tout le monde traverse des épreuves, sauf les heureux imbéciles. Devenir mère ou père, par exemple, peut provoquer une forme étrange de dépression, pour ne citer que cela, qui ne survient pas chez tout le monde. Tout le monde vient vous féliciter, mais vous vous sentez mal, coupable et inadéquat, et vous pensez à votre vie d’avant. C’est une situation que l’on reconnaît bien.


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