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Addiction : cannabis et psychose

Addiction : cannabis et psychose

Depuis des dizaines d’années, la littérature est le théâtre d’une querelle de mots autour de la question de savoir si le cannabis joue ou non un rôle causal dans l’apparition d’une psychose. On trouve de nombreuses études qui établissent effectivement ce lien, notamment aux États-Unis. En 2017, on estimait à 35 millions le nombre d’Américains qui consommaient au moins une fois par mois les différentes formes de présentation du cannabis, comme le haschisch et la marijuana.

Le cannabis est la drogue récréative la plus largement répandue dans nos sociétés occidentales et bien au-delà. Beaucoup d’encre a coulé sur l’existence d’un lien causal entre sa consommation et l’apparition d’une psychose, mais la preuve ultime n’en a jamais été apportée. La cause de la psychose se situe dans le cerveau et tout porte à croire que l’on naît avec cette prédisposition, ou qu’on ne l’a pas. Avec l’état actuel de la science, on ne peut plus modifier ses chromosomes.

Il est toutefois vrai que, chez certains jeunes, car ce sont généralement de jeunes adultes qui expérimentent ces substances, la consommation de cannabis peut déclencher une poussée psychotique. Tantôt elle est hilarante et sans séquelles durables, parfois même particulièrement spirituelle, mais elle peut aussi être extrêmement angoissante et terrifiante. En tant que médecin généraliste, j’en ai suffisamment vu pour que cela m’inquiète.

Le marché propose des produits à concentration toujours plus élevée, qui seraient encore beaucoup plus susceptibles de déclencher une psychose que ceux que nous connaissions auparavant. Plusieurs études montrent du doigt cette tendance à des produits toujours plus puissants, qui, au fond, ne change pas grand-chose au problème.

Nous ne souhaitons à personne de connaître une poussée psychotique, et il faut prendre cela au sérieux, mais tout porte à croire que cet effet psychogène du cannabis récréatif ne concerne que les personnes vulnérables. Cela arrive relativement rarement, mais, dans leur cas, les conséquences peuvent être totalement désastreuses. Je ne conseillerais pas à des adolescents psychotiques de se mettre au cannabis, mais il m’arrive souvent de donner ce conseil trop tard.

Il existe également des articles qui soulignent les effets bénéfiques de certains extraits de cannabis dans le traitement de certaines formes de psychose. La question n’est pas encore tranchée. D’autres substances susceptibles de provoquer des symptômes psychotiques chez les personnes vulnérables sont l’alcool, les dérivés de l’opium, les tranquillisants, la cocaïne, les amphétamines et, bien sûr, en particulier, les hallucinogènes comme le LSD. Le cannabis domine largement, parce qu’il est tellement consommé, mais aussi parce que, chez une petite minorité d’utilisateurs, son effet hallucinogène peut être particulièrement marqué.


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