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Addiction : bipolaire

Addiction : bipolaire

Si, en tant qu’individu, vous êtes spontanément sujet à de fortes fluctuations de l’humeur et que vous entrez en contact avec des substances qui agissent directement sur votre humeur, avec un résultat immédiat, même s’il ne dure qu’un instant, eh bien, il se peut que vous trouviez cela agréable. Vous avez en effet entre les mains un outil capable de modifier votre état émotionnel en un clin d’œil. Les effets à long terme entrent par la porte de derrière et n’attirent pas l’attention.
C’est tout le drame de l’Addiction. Le court terme contre le long terme, ou ce que vous ressentez immédiatement face aux conséquences possibles dont vous ne prenez pas vous-même conscience. Cette population mérite une attention particulière dans le domaine de la médecine de l’Addiction, car elle est nombreuse et les risques sont particulièrement importants.
Nous avons déjà dit qu’un certain nombre de drogues pouvaient provoquer des épisodes psychotiques chez les personnes qui y sont prédisposées. Chez les personnalités bipolaires, il existe quelque chose de comparable, et l’usage de certaines substances peut alors se manifester par un épisode maniaque. La différence entre un épisode psychotique et un épisode maniaque n’est pas immédiatement évidente lors d’un premier contact. Elle devient plus claire avec le temps, à mesure que l’on apprend à mieux se connaître.
Ce qui frappe principalement chez les personnes bipolaires, ce sont les fluctuations de l’humeur. Des périodes d’abattement (dépression) et de vivacité extrême (manie) alternent, du moins dans les cas les plus caractéristiques. Les épisodes maniaques vont souvent de pair avec un manque de sommeil et un degré élevé d’excitation ; ils sont souvent très épuisants et parfois dangereux pour la personne concernée.
Il peut par exemple arriver que vous dépensiez des sommes énormes pour des achats inutiles ou répétitifs. Il peut également arriver que, dans une phase de telle excitation, vous preniez, par excès de confiance, insouciance ou surestimation de vous-même, des décisions importantes qui peuvent mal tourner. C’est souvent l’épisode maniaque qui provoque la crise révélatrice de la maladie, parfois sous l’influence de substances, mais on découvrira tout de même qu’il a été précédé, et qu’il sera suivi, de périodes de profonde dépression.
C’est la manie qui attire l’attention, tandis que la dépression préfère se cacher. Beaucoup tentent de dissimuler leur misère. Il peut s’agir de phases passagères, et il peut également y avoir de longues périodes où tout va bien et où aucun traitement n’est nécessaire. Il faut alors garder à l’esprit que l’on peut toujours revenir vers les services d’aide si une crise devait survenir.


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