Aller au contenu principal

Addiction : ampleur

Addiction : ampleur

Le problème est loin d’être rare et touche de nombreux foyers. On le constate en tant que médecin généraliste, surtout lorsqu’on exerce en ville et parfois dans les périphéries qui l’entourent. C’est le cas dans pratiquement toute la Flandre et, aux Pays-Bas, dans toute la Randstad, avec encore quelques villes supplémentaires. Les banlieues au bord des fleuves. Il n’en va pas autrement dans les pays qui nous entourent. Dans la zone crépusculaire de la société vit une sorte de bête dangereuse dont nous ne parvenons pas à nous débarrasser.

Tout le monde entre un jour ou l’autre en contact avec l’usage de substances. Combien de personnes ne boivent pas de café ou de thé ? Ce n’est pas que ce soit mauvais, mais c’est bien un usage de substances, et il est parfaitement accepté. Même lorsque certaines formes de dépendance apparaissent, au sens où la consommation ne peut être interrompue sans provoquer des symptômes de sevrage, ce qui entraîne la poursuite du comportement, parce que l’arrêt est si difficile en raison du syndrome de privation. C’est à peu près la définition d’une addiction.

Pourtant, les substances qui posent le plus souvent problème sont celles qui sont le moins soumises à des restrictions. Nous pouvons également constater partout que l’alcool et la nicotine sont légalement disponibles, certes sous certaines restrictions, comme l’interdiction de les vendre aux mineurs et la perception de droits d’accise, de sorte que l’État, et donc nous tous, en tirons des revenus. La vente, l’usage et la diffusion de ces produits, importants par leur ampleur d’utilisation, sont certes soumis à des conditions, mais ils ne sont pas interdits.

Un certain nombre de substances ont en revanche été placées hors la loi, ce qui crée une problématique particulière pour les utilisateurs qui en dépendent. Il n’est pas facile de faire respecter une telle interdiction et nous n’y parvenons d’ailleurs pas très bien. La police et la justice devraient mettre un terme à la diffusion de ces substances, mais elles n’y arrivent pas, parce que cette tâche n’est pas réaliste.

L’usage de substances fait partie de notre réalité quotidienne et existe dans tous les pays et à toutes les époques. Au cours de l’histoire, les êtres humains ont constamment recherché des substances permettant de maîtriser, de contrôler ou d’élargir leur vie intérieure. On peut y inclure également la musique, la littérature et l’art, et probablement aussi toutes sortes de phénomènes religieux ou magiques, mais finalement aussi l’usage de diverses substances, administrées de différentes manières à soi-même.

On peut imaginer toutes sortes de raisons pour lesquelles quelqu’un ferait une telle chose et, dans le cas d’une addiction, continuerait à le faire, à un degré et dans une proportion tels que cela devient un problème social.


Aucun commentaire n’a encore été publié !

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Contributions récentes