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Addiction : amitriptyline

Addiction : amitriptyline

Une fois la dépression surmontée, il est recommandé de poursuivre le traitement pendant au moins six mois encore afin d’éviter une récidive. Lorsqu’il apparaît que le moment est venu d’arrêter le médicament, il est préférable de réduire progressivement la dose sur environ quatre semaines afin de limiter ou de prévenir les symptômes de sevrage.

Il s’agit d’un traitement de longue durée, mais non d’un traitement à vie. Commencer un tel traitement n’est jamais une décision à prendre à la légère. Le médecin généraliste ou le psychiatre doit d’abord vérifier qu’il n’existe pas de contre-indications ni, par exemple, d’interactions liées à la prise simultanée d’autres médicaments ou de substances, car il faut être prudent dans ce domaine. Certains médicaments peuvent en effet interagir entre eux et provoquer des situations dangereuses. Cela vaut parfois aussi pour les médicaments disponibles sans ordonnance. C’est un piège qu’il vaut mieux éviter.

D’autres problèmes médicaux peuvent également survenir dans des domaines tout à fait différents, comme au niveau des yeux, et limiter l’utilisation du médicament. Ajoutons qu’il ne faut pas non plus prendre d’antidépresseurs si l’on souhaite tomber enceinte ou si l’on est enceinte. Si une grossesse survient, mieux vaut arrêter rapidement. Leur utilisation pendant la grossesse n’est pas recommandée.

Les antidépresseurs classiques ont été découverts et développés dans les années cinquante. L’exemple historique est l’amitriptyline, que l’on connaît notamment en Belgique sous les noms de Redomex et de Tryptizol. Elle a été pendant des années le cheval de bataille du traitement de la dépression en médecine générale et en psychiatrie. Elle reste remarquablement efficace, malgré ses effets secondaires tels que la sécheresse buccale et la vision trouble, que les médicaments plus récents provoquent beaucoup moins.

L’amitriptyline était et reste indiquée dans le traitement d’une série de troubles mentaux liés à l’anxiété et à la dépression. D’après mon expérience, elle agit également avec beaucoup de puissance sur les manifestations anxieuses gênantes chez certains patients, et ce de manière convaincante, à un niveau auquel peu de médicaments récents peuvent se mesurer.

Les antidépresseurs classiques, dont l’amitriptyline fait partie, rendent également de bons services dans les troubles de l’attention et dans la phase dépressive d’un trouble bipolaire. Il faut alors veiller à ce que celui-ci ne bascule pas dans la phase maniaque. On ne peut pas rectifier rapidement le tir, compte tenu du délai important entre la prise et l’effet. Ce sont des médicaments puissants qui doivent être utilisés avec discernement.


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