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Harmonie

Harmonie

Harmonie cosmique

Rondeau

Le cosmos reflète la musique des sphères,

Comme l’affirment les philosophes grecs.

Ils voient dans l’harmonie planétaire

L’incomparable symphonie de la création,

Dans laquelle les motifs musicaux se répètent.

Qui a pu composer cette merveille ?

Que nous analysons encore chaque jour

Avec doute, méfiance ou ironie :

Le cosmos.

Qui peut conjurer la voûte céleste désordonnée,

L’étudier, la maîtriser et conjurer le destin ?

La régularité dans la cacophonie

Là, dans cette antique cosmogonie,

Nous pouvons encore aujourd’hui en tirer des enseignements.

Le cosmos.

Histoire du concept

Musique et mathématiques

Le mot harmonie est commun au néerlandais, à l’allemand, au français et à l’anglais. Il est donc antérieur à ces langues. Nous le devons en effet aux anciens Grecs. Dès le VIe siècle avant J.-C., Pythagore observait dans le cosmos, qui paraît à première vue désordonné, le retour de formes et de motifs qui frappent l’esprit parce qu’ils sont agréables ou équilibrés.

Par nature, l’être humain est attiré par ce qui est harmonieux ou bien formé. Pour bien comprendre cela, il faut savoir que Pythagore était non seulement philosophe, mais aussi musicien et mathématicien. C’est précisément dans les mathématiques et la musique que sa pensée a toujours continué à vivre. La musique repose sur les mathématiques, tandis que les mathématiques peuvent, en elles-mêmes, engendrer de la musique.

Certains sons entretiennent entre eux des rapports harmonieux et nous parlons alors d’accords. D’autres sons ne vont pas ensemble. Ils ne s’accordent pas et résonnent de manière dissonante. Certains sons s’attirent, d’autres se heurtent. L’univers est construit sur des lois d’attraction et de répulsion.

Les corps qui se déplacent dans le vide obéissent aux lois de la physique. Ces lois sont données, mais elles n’ont pas été écrites avant que nous ne les dévoilions. Nous, les êtres humains. Le fondement de l’harmonie des sphères peut être exprimé en chiffres. Dans la théorie des nombres, pour être précis. Dans les rapports justes entre les nombres, comme dans le nombre d’or, qui exprime la proportion parfaite d’un rectangle.

Aujourd’hui, le mot harmonie a en partie perdu de son éclat dans un certain nombre de domaines. Dans les sciences naturelles, il a progressivement été remplacé par des notions telles que symétrie, intégrité, système, ordre structurel, et autres concepts du même genre.

L’harmonie conserve toutefois son importance comme principe heuristique lorsqu’il s’agit du fondement de notre démarche visant à rechercher des lois structurelles dans la multiplicité des observations que nous faisons. « Heuristique » renvoie à la stratégie scientifique consistant à résoudre systématiquement des problèmes et à découvrir les choses méthodiquement. Lorsque nous percevons une harmonie, nous sommes sur la piste d’une loi cosmique.

Évolution

Sciences humaines

Lorsque nous découvrons une harmonie dans la réalité qui nous entoure, souvent chaotique et impénétrable, nous nous mettons sur la piste d’une loi ou d’une régularité qui nous aide à comprendre notre environnement et nous-mêmes. Cela est utile et nécessaire pour maîtriser notre environnement, le contrôler et le soumettre. La recherche de l’harmonie peut constituer, dans les sciences, une méthode permettant de reconnaître et de cartographier des motifs, mais elle peut aussi devenir une fin en soi, auquel cas nous entrons dans le domaine de l’art.

La science s’occupe de la réalité naturelle, l’art de la réalité artificielle – virtuelle –, pour reprendre les termes de Goethe. Alors que, dans la théorie des sciences naturelles, la notion d’harmonie est devenue presque inutile, elle joue encore un rôle important dans les sciences qui s’intéressent à l’interaction entre sujet et objet et à la dialectique entre les sujets.

Les valeurs et les normes y constituent des facteurs importants susceptibles d’influencer l’issue de toutes sortes de processus, entre les êtres humains ou au sein de ceux-ci. Cela montre que le concept d’harmonie a conservé toute sa signification dans l’esthétique de différents arts tels que la musique, l’architecture et la peinture. Même lorsque les artistes contemporains recherchent la disharmonie, ils renvoient encore à une harmonie qu’ils évoquent en la niant.

En pédagogie et en psychologie également, on parle de développement harmonieux ou disharmonieux de la personnalité. Ainsi, à notre époque, nous pouvons souvent constater que les adolescents et les jeunes adultes se développent de manière inégale. Sur le plan intellectuel, ils sont fortement stimulés dans le cadre scolaire. Les études durent de plus en plus longtemps et l’on exige toujours davantage des étudiants. Le développement émotionnel, en revanche, s’enlise et laisse souvent à désirer.

Du fait que l’adolescence se prolonge, si l’on mesure celle-ci en nombre d’années d’études, le développement de l’autonomie s’effectue plus lentement. Dans les cas extrêmes, on peut alors parler de disharmonie, et cela peut avoir des conséquences fâcheuses pour le jeune concerné. Si cette situation se prolonge à l’âge adulte, les conséquences négatives peuvent s’accumuler.

Question cruciale

Conclusion

La question devient alors de savoir comment l’être humain intervient dans le cosmos. Cela ne se déroule pas toujours de manière très harmonieuse, pour employer un euphémisme. Notre comportement peut-il accroître l’harmonie au lieu d’attiser le chaos ? C’est la question que nous devons nous poser.

Il est peut-être déjà avantageux en soi, en termes de stratégie de vie, de chercher sa propre harmonie personnelle, dans l’espoir de devenir soi-même harmonieux. Je ne peux pas prouver que cela fonctionne. C’est plutôt quelque chose auquel je crois avec les anciens Grecs. Rechercher l’harmonie dans la consonance, pour employer des termes musicaux, où chaque élément d’un ensemble trouve sa place, de sorte que les éléments se fécondent et se soutiennent mutuellement, et que l’ensemble devienne plus que la somme de ses parties.

Tel doit être l’objectif, et tu peux t’y conformer. Tu peux commencer par le faire pour toi-même. Si cela réussit, tu peux aussi l’étendre à ton environnement. Si chacun commençait par veiller à l’harmonie dans sa propre tête, pour ensuite rechercher également davantage de cohérence dans le monde extérieur, nous pourrions peut-être parvenir progressivement à la société idéale que nous avons en tête, mais qui n’est pas encore réalisée dans la réalité quotidienne.

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté », pour citer Baudelaire. « Daar waar alles niets dan orde en schoonheid, luxe, rust en zinnelijkheid is. » Nous en sommes aujourd’hui bien loin, mais cela ne doit pas nous empêcher de nous efforcer, chacun à notre manière, de rendre le monde meilleur.

Si nous devons choisir un objectif commun, choisissons alors l’harmonie.

Liens

 

Sonnet

Dissension, querelle et discorde, aussi aiguës que chroniques.
Guerre et combat. Nous sommes profondément coupables.
L’humanité ne désapprendra sans doute jamais.
Nous commençons peu à peu à résonner, amers et ironiques.
L’atmosphère est chargée et le ton draconien,
Mais regardons aussi les choses à l’envers.
Peut-être n’avons-nous pas suffisamment essayé
Et est-ce précisément pour cela que tout devient un peu disharmonieux.
Nous rêvons d’une utopie jamais vue.
Une société agréable flotte devant nos yeux.
Elle vogue là-bas comme un nuage, nous regarde tous et voyez !
Puis vient un temps d’attention et de compassion,
L’ère de l’harmonie spirituelle.
Et des psychologues cliniques joyeusement sans emploi.


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