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A Tennyson

A Tennyson

Portret Alfred Tennsyon

A Tennyson

Lu par Dina Sonck, 2011. Écoutez toutes les lectures sur le CD « Breekbaar licht ».

Ô beauté, tu passes si vite ! Ô la plus douce des douceurs !
Comment permets-tu que je gaspille ma jeunesse en soupirs ?
Laisse-moi donc sagement m’asseoir auprès de ton pied élancé.
Tu sais que sans cesse mon regard fuira ton regard.

Baiser seulement ta main, entourer ta taille de mes bras,
Je n’ose pas. C’est à peine si je parle.
Et rien d’aussi sauvage et hardi que ce que je pensais contempler,
Ma bouche qui effleurerait tes joues d’un baiser.

Je pense que si je t’embrassais, je perdrais le contrôle.
Mon cerveau tremblant ne peut plus longtemps maintenir à flot
Les envolées de l’esprit. Maintenant que j’ai parlé,


Voilà que le petit mot « baiser » abat de nouveau mon âme

Qui tremble comme une haie de troènes, jusqu’à ce que cette note
S’éteigne étouffée dans le même silence qu’elle avait brisé.


Photo : d’après un tableau de P. Krämer, édité par Friedrich Bruckmann Verlag, Munich-Berlin. / Domaine public


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