Aller au contenu principal

Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 6

Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 6

Intervision

En médecine en général, et en médecine générale en particulier, nous avons vu apparaître au cours de notre carrière une tendance selon laquelle notre pratique doit être fondée sur la littérature scientifique, en trois mots anglais : Evidence Based Medicine. Notre prise en charge doit être fondée sur ce qui a été publié à ce sujet.

Il existe aujourd’hui de nombreux articles scientifiques qui ne s’intéressent pas seulement à l’utilité du traitement de substitution à la méthadone en tant que tel, mais aussi à sa place dans la pratique de la médecine générale. Lorsque je repense à ma carrière, je dois dire que j’ai énormément retiré du groupe d’intervision auquel j’ai adhéré à l’époque.

Nous nous réunissions une fois par mois pour discuter de nos cas, dix fois par an, et j’ai poursuivi cette démarche pendant pas moins de vingt ans. Ce fut une expérience extrêmement précieuse, car nous pouvions, entre pairs, parler des défis que pouvait poser au quotidien la prise en charge des addictions.

Deux experts participaient également à ces rencontres et apportaient, sous un angle psychiatrique, voire psychanalytique, des éclaircissements sur les situations abordées. J’y ai beaucoup appris. Cette expérience, qui a duré plus de vingt ans, m’a énormément aidé. Non seulement à acquérir davantage de connaissances, mais aussi à gérer émotionnellement la pression et la charge qui accompagnent inévitablement la prise en charge des addictions.

En cas de besoin, nous pouvions également faire appel à une supervision, au cours de laquelle un spécialiste apportait son éclairage sur des cas difficiles. Il y a des moments de découragement, où l’on se dit que l’on n’en peut plus. Le pire, c’est lorsqu’une personne dont vous vous occupiez se suicide. Cela laisse des traces.

Parfois, les choses tournent mal et nous devons aussi l’accepter, même à contrecœur. Parallèlement, je me suis efforcé de faire quelque chose, également du côté néerlandophone à Bruxelles, pour renforcer les compétences des médecins. À la demande du Cercle des médecins généralistes bruxellois, j’anime environ quatre soirées de formation continue par an, au cours desquelles une place est également accordée à la discussion et à l’étude de cas.

Il ne s’agit pas uniquement de décisions techniques, mais aussi de relations émotionnelles dans la médecine générale.


Aucun commentaire n’a encore été publié !

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Contributions récentes