Aller au contenu principal

Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 4

Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 4

Méthadone

Autrefois, bien davantage qu’aujourd’hui, nous étions confrontés à de nombreux usages de drogues par voie intraveineuse, l’héroïne, ou d’autres substances, étant injectée directement dans la circulation sanguine. Chez de nombreuses personnes dépendantes à l’héroïne, le traitement de substitution à la méthadone a profondément changé leur vie, avec un effet impressionnant sur leur intégration sociale et leurs possibilités d’épanouissement personnel.

Nous sommes en 2021 au moment où j’écris ces lignes. J’ai commencé ce travail vers 1994. Aujourd’hui encore, je vois des patients de cette époque. Cela signifie qu’il existe une patientèle qui, depuis un quart de siècle, se présente à intervalles réguliers pour poursuivre son traitement. Ce sont généralement devenus des personnes très calmes, qui ne feraient de mal à personne et qui sont parfaitement intégrées dans la société. Ce sont aussi les patients les plus fidèles au monde, parce qu’ils sont devenus dépendants des soins. Ce qui compte, c’est qu’au fil des années, un lien fort se crée insensiblement et qu’il suffit de très peu de mots pour se comprendre.

La délivrance de méthadone est tolérée en Belgique depuis 1994, lorsque la Commission de consensus Santkin rendit public un texte novateur. Le nom fait référence à Jacques Santkin (1948 – 2001), ministre de la Santé publique du PS dans le gouvernement Dehaene I. Le texte était le résultat d’une conférence qui ne disposait d’aucun pouvoir législatif, mais qui avait réuni plusieurs personnalités faisant autorité dans le domaine de la prise en charge des addictions et qui, dans notre contexte national, posèrent ensemble la pierre angulaire du traitement à la méthadone.

La grande différence est que nous avons abandonné le sevrage comme objectif ultime, parce qu’il est souvent illusoire de le poursuivre lorsque tant d’autres éléments vont mal et réclament notre attention. C’est pourquoi la théorie de la réduction des risques dont je parlais précédemment mérite tous les éloges : elle attire notre attention sur tout ce que nous pouvons effectivement faire pour améliorer le sort de la personne qui fait usage de substances et qui demande de l’aide, et cela pourra peut-être être efficace. Cette voie mènera plus rapidement au rétablissement et à la guérison que la volonté obstinée de mettre fin à tout prix à l’usage.

Source de la photo : Archives du Sénat belge, dossier biographique de Jacques Santkin.


Aucun commentaire n’a encore été publié !

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Contributions récentes